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Voyager à temps plein et vivre avec une valise de 20 kg : les questions et les réponses

Voyageur à plein temps qui vit de ses sites web depuis 2003, Jean est une personnalité atypique dont j’ai découvert le blog Webmarketing Junkie fin 2010. Je l’accueille pour un article invité hors du commun. Ce qui m’a tout de suite séduit, c’est son style d’écriture et ses talents de vendeur hors pair (oui puisque je suis client !). Mais plus que tout, son mode de vie nomade avec la vie qui en découle tombe dans mon thème favori : la simplicité. Les grands voyageurs ont beaucoup à nous apprendre sur ce sujet, surtout quand ils exercent leurs activités professionnelles à distance. A noter qu’il est l’auteur de guides à succès sur le web marketing :

Vas y Jean, je te laisse la parole :

Depuis novembre 2010, ma vie tient dans une valise de moins de 20 kg. J’écris cet article à la terrasse de mon hôtel, à Bangkok, où je reste plusieurs semaines avant de partir pour Taïwan, la Chine, puis le Japon et la Corée. Je vis de mes sites web depuis 2003, ce qui me permet de voyager. En 2004, je suis parti pour l’Europe de l’Est ou je suis resté 5 ans. Il y a presque un an,  j’ai radicalisé mon mode de vie en devenant un « nomade permanent ». Beaucoup de gens rêvent de se lancer dans la même aventure, mais ne savent pas vraiment comment s’organiser, et apréhendent les difficultés techniques, l’isolement… On me pose souvent les questions suivantes, auquelles je vais répondre ici du mieux que je peux :

Faut-il gagner beaucoup d’argent pour prendre la route ?

Beaucoup de gens qui rêvent de partir remettent leur décision à plus tard, et attendent d’avoir épargné une somme importante, ou de voir leurs revenus augmenter. Pourtant, si vous vivez aujourd’hui en France, vous êtes dans le 5ème pays le plus riche au monde. Ce qui veut dire que la vie est beaucoup moins chère presque partout ailleurs. Quand je suis parti en Roumanie en 2004, il suffisait de 300€ par mois pour vivre avec un confort équivalent que celui que procure un SMIC en France. Je suis en ce moment en Thaïlande, où les infrastructures sont modernes, les conditions de vie idéales (hormis la chaleur…), et où l’on peut vivre confortablement en 2011 avec moins de 500€ par mois. Si vos revenus sont limités, la première chose à faire est d’éviter les capitales. La seconde, c’est de vivre comme les habitants, et pas comme les touristes.

Quels objets emporter ?

J’ai eu l’occasion de dialoguer avec des gens qui se préparaient au voyage en listant tous les objets dont ils auront besoin, et en passant plusieurs mois à chercher le sac idéal et les accessoires « indispensables ». Le plus simple, c’est de partir avec le minimum vital (5 slips, 5 t-shirts et 2 jeans), et d’acheter le reste sur place. En Thaïlande et dans beaucoup d’autres pays, une belle chemise coûte moins de 10€. Une bonne valise, quelques dizaines d’euros. Et vous regretterez probablement d’avoir acheté votre équipement électronique à la FNAC quand vous constaterez quels sont les prix pratiqués ailleurs…

Comment fait-on concrètement pour vivre avec une valise de 20 kg ?

Si vous voyagez, vous devrez vous y faire, à moins de payer des frais d’excédents de bagages à chaque fois que vous prenez l’avion. J’avais déjà commencé à simplifier ma vie avant de prendre la route. Je vivais déjà avec peu d’objets, et j’appliquais déjà le principe qui consiste à acheter moins, mais à choisir le meilleur. A éliminer les gadgets inutiles au profit d’objets utiles de qualité supérieure… dont le prix est largement compensé par l’économie réalisée. Quand on vit en voyage, ce principe n’est plus un luxe, ni un caprice. Il devient indispensable.

A chaque fois que vous achetez un nouvel objet, vous devrez en éliminer un, parce qu’il faudra bien pouvoir fermer votre valise. Du coup, vous allez beaucoup moins vous attacher aux choses. Et forcément accorder davantage d’importance aux expériences. En faisant le choix de voyager, vous avez déjà pris la décision de dépenser davantage pour vivre des expériences que pour posséder des choses. Le problème, c’est qu’on est porté à croire, dès l’adolescence, que les choses ont davantage de valeur que les expériences. Quand on dépense 50€ dans une sortie, on le regrette souvent, en s’imaginant tous les gadgets qu’on aurait pu acheter avec cette somme. Même si la soirée était formidable, et qu’elle vous laissera un souvenir que vous n’oublierez jamais. Contrairement aux choses que vous auriez pu acheter avec ces 50€.

Valises

Les expériences ont de la valeur. Souvent plus que les choses. Pour vivre avec une valise de 20 kg, il est indispensable de le comprendre. Il y quelques jours, à la sortie de l’avion, je n’ai pas trouvé mon bagage. La compagnie l’avait perdu. Sans nouvelles pendant 3 jours, j’ai bien cru que je ne la retrouverai jamais. Et je me suis moi-même étonné de ne pas vraiment être marqué ni déçu par le problème. Je me plaisais au contraire à imaginer que c’était l’occasion de renouveller ma garde-robe.

Perdre 90% de ses posssessions et presque en sourire, c’est une chose qui aurait été impensable pour moi il y a un an. Je vous avoue que j’en ai ressenti une certaine fièreté. Et c’est bien la preuve que le voyage est la meilleure façon de détacher des choses au profit des expériences. Mes objets les plus précieux -électronique, passeport, …- n’étaient pas dans cette valise, mais dans mon bagage à main.

Quand on travaille en voyage, doit-on transporter 30 kg de documents administratifs, de factures et de papiers divers ?

Absolument pas. J’ai intégralement dématérialisé ma vie et mon travail, en recevant mon courrier postal en ligne via un service spécialisé, en scannant (enfin, en prenant en photo…) tous les documents à conserver, et en envoyant par la poste les papiers à conserver à un proche en France, qui les archive. Les services comme Dropbox et Evernote permettent d’aller encore plus loin en dissociant ses documents numériques de son disque dur : ils deviennent accessibles partout, depuis un smartphone, un ordinateur public, un cybercafé… En plus d’être protégés en cas de perte ou de vol d’équipement informatique. Commencer à dématérialiser votre vie quelques mois avant de partir vous simplifiera la tâche une fois sur la route… Pensez-y dès maintenant !

Et la sécurité dans tout ça ?

La liberté est indissociable de la responsabilité. Si vous n’aimez pas prendre de responsabilités, alors ne prenez pas votre indépendance. Conserver au minimum la somme nécessaire pour acheter un billet d’avion de retour, ou voyager avec un retour à date libre, déjà payé, c’est la première mesure sécurité minimale que tout voyageur devrait prendre.

La deuxième, c’est d’être assuré en cas d’accident ou de maladie. Si vous êtes Français, la sécu des Français de l’étranger n’est pas forcément la meilleure option. April Mobilité et ASFE, par exemple, proposent des garanties équivalentes à la couverture que vous avez actuellement en France ou ailleurs. Pensez aussi à une assurance responsabilité civile, et à une assistance juridique, souvent incluses dans le package de l’assurance santé.

La troisième, c’est de ne pas conserver tous vos moyens de paiement et votre argent liquide au même endroit. Placez une « liasse de sécurité », suffisante pour payer deux nuits d’hôtel et de quoi manger pendant quelques jours, à la fois dans votre bagage à main et dans votre valise (qui ferme, bien entendu, avec un code ou une clé).

En cas de besoin, vous pourrez toujours demander à un proche de vous envoyer un transfert d’argent par Western Union, que vous pourrez récupérer en liquide en quelques minutes dans une banque ou un bureau de poste, dans la plupart des pays du monde.

Comment rencontrer des gens ?

Selon les cultures, il est plus ou moins facile de faire connaissance avec des inconnus. D’un pays à l’autre, c’est le jour et la nuit. Entre le Vietnam et la Thaïlande, entre la Roumanie et la Hongrie, entre la France et l’Espagne… La facilité avec laquelle vous allez créer des liens varie du tout au tout. Pourtant, il existe deux principes qui se vérifient partout :

  • Plus vous êtes différent des gens à qui les habitants sont habitués, plus ils vous abordent spontanément, de façon amicale, par curiosité. La différence de couleur de peau, d’habillement et de culture joue en votre faveur.
  • Moins un endroit est aggloméré, plus les contacts sont faciles. Bangkok est l’une des seules capitales que j’ai visité dans laquelle les gens vous abordent spontanément. Ailleurs, vous êtes souvent aussi anonyme que dans le métro parisien.

Pour rencontrer des gens, sortez des grandes villes ! Enfin, ne vous limitez pas aux attractions touristiques. Elles ont souvent moins d’intérêt que la « vraie vie des gens ». Au lieu de suivre une carte touristique, passez du temps là où les autres en passent. Vivez comme eux. Visiter une culture, c’est beaucoup plus enrichissant que de visiter un musée !

Bon voyage, et au plaisir de se rencontrer sur la route…

Par Jean, voyageur à plein temps qui vit de ses sites web depuis 2003.

Jean nous a fait partager son expérience de nomade, mais il ne faut pas oublier non plus que c’est un entrepreneur du Web qui fournit ses conseils dans une formation fort intéressante orienté sur la création de produits et la vente sur internet.

{ 15 comments… add one }
  • Jean 22 septembre 2011, 7 07 59 09599

    Merci pour la publication !

  • NBS 22 septembre 2011, 10 10 40 09409

    Très bon article, merci!

    Par contre j’ai une remarque sur la phrase : « si vous vivez aujourd’hui en France, vous êtes dans le 5ème pays le plus riche au monde. Ce qui veut dire que la vie est beaucoup moins chère presque partout ailleurs. »

    Ce classement est établi selon la richesse globale du pays et n’est en rien un indicateur sur le niveau de vie de ses habitants ou du cout de la vie. Ex : L’allemagne, la chine et les US sont deux pays classés devant la France au PIB (4éme, 2éme et 1er) : pourtant le cout de la vie est moins important dans ces pays (surtout en chine)

    A contrario, Moscou est l’une des villes les plus chéres du monde alors que la Russie n’est pas dans le G8, les pays scandinaves sont également chers même s’ils ne sont pas dans les 1ers du classement par PIB.

    Merci,

  • Sam 22 septembre 2011, 12 12 09 09099

    J’ai toujours admiré ton style de vie jean. Réussir à se dématérialiser à se point est vraiment extraordinaire!
    Mais ce que j’aime beaucoup dans ton style de vie, c’est la possibilité de vivre dans un pays au niveau de vie faible et de tirer ses revenus d’un pays plus riche!
    Bonne continuation à toi!

  • Olivier 22 septembre 2011, 12 12 10 09109

    C’est toujours aussi inspirant de lire les articles de Jean, et c’est en plus l’occasion de découvrir quantités d’autres blogs intéressants – vive l’externalisation 🙂

    Au plaisir de te lire ici ou ailleurs.

    Amitiés,

    Olivier

  • fabrice 22 septembre 2011, 17 05 01 09019

    En effet, pas besoin d’un gros budget pour voyager. C’est encore plus vrai quand vous y vivez un moment car plus on bouge, plus cela coûte cher, vive le slow travel!

  • Tommy@Partage de fichier 24 septembre 2011, 11 11 20 09209

    J’ai fait ca pendant 5 mois, de fevrier a aout. Je suis developpeur web et j’ai passe ces 5 mois en Asie du Sud-Est, dans 5 pays differents. Je ne pense pas en faire un style de vie permanent pour le moment pour 3 raisons principales, qui sont peut etre personnelles et pas universelles, mais je souhaite partager mon experience.

    – Rencontrer des gens. J’adore voyager (j’ai fait plusieurs longs voyages) mais j’avoue que j’aime bien me poser quelque part, avoir un cercle d’amis. En mode voyage, il y a 2 possibilites: les autres voyageurs et les expats (ou les locaux, mais c’est encore plus dur). Je vais pas rentrer dans les details parce que sinon je vais faire deborder la page. Mais si ca interesse quelqu’un, je veux bien elaborer.

    – au niveau du travail, je trouve important de pouvoir s’entourer de gens comme toi qui peuvent etre une source d’inspiration. C’est bien de pouvoir travailler sur son ordi, mais au bout d’un moment, il y a besoin de partager ses connaissances, poser des questions, echanger des tuyaux…

    – je trouve ca difficile de creer une routine pour apprendre de nouvelles choses. Exemple: je veux commencer un art martial, mais en voyageant tout le temps, difficile de trouver des cours et pratiquer regulierement. C’est la meme chose pour d’autres activites, danser la salsa, apprendre a dessiner, … C’est sans doute possible mais je trouve que l’esprit est trop occupe pour penser a pratiquer regulierement des activites.

    Sinon, tres bon article, ca fait plaisir de voir ce genre d’experiences. Bon courage a toi Jean!

  • Sam 25 septembre 2011, 12 12 15 09159

    Merci beaucoup pour ce partage, cette interview est tout simplement passionnante ! Je planifie également de partir voyager et vivre de mes revenus sur Internet. Je pense gagner suffisamment maintenant pour pouvoir vivre comme tu le fais, en Asie, en Europe de l’Est ou en Amérique. Et je suis particulièrement intéressé par l’Asie du Sud Est ! Pour tes conseils, ils sont très judicieux, il ne faut en effet surtout pas se trimballer avec des montagnes de vêtements et de brics à bracs inutiles. Surtout quand on part dans un pays en développement ou presque tout n’est pas cher du tout !

  • Sandrine 26 septembre 2011, 10 10 58 09589

    Bonjour Jean,
    Ton principe de vie est très séduisant. Superbe d’avoir franchi le cap.
    Par contre, lorsque l’on vieillit, que l’on commence à avoir des enfants, école et copains et tout et tout, cela n’est plus pareil… La liberté doit alors se penser différemment.
    Et toi, comment envisages -tu les années futures?…
    A bientôt
    Sandrine de Terre-nouvelle.fr

  • Sam from Des Trucs Pour Changer De Vie 26 septembre 2011, 13 01 58 09589

    Ah, Jean est un sacré personnage 😉

    Faut reconnaître que vivre avec seulement une valise n’est pas donné à tout le monde. Pourquoi ? Parce que nous somme, dans l’immense majorité des cas, trop matérialistes.

    On nous bourre d’ailleurs le crâne depuis tout petit avec « il faut acheter », « il faut posséder », « il faut construire une maison », etc, etc.

    Jean est atypique et il concrétise ce que beaucoup n’osent ou ne peuvent réaliser. C’est un peu à travers ses expériences une concrétisation de rêve…

    Parfois, des lecteurs de mon blog ont également des blocages pour passer à l’action. C’est comme ça, c’est humain. Et pourtant je leur propose des moyens de gagner de l’argent en ne faisant presque rien. Mais la plupart ne passeront pas à l’action (du moins au peu d’action que j’indique) pour des tas de raisons bidon…

    C’est un peu comme si je leur proposais une machine à faire du cash, mais vu qu’ils n’y croient pas (pourtant ce n’est pas une question de croire ou pas), et bien ils ne se servent pas de la machine…

    Amicalement,

    Sam

  • La Digital No(r)ma(n)d(e) 10 octobre 2011, 12 12 35 103510

    Merci Jean pour tous ces précieux conseils pratiques.

    J’essaie moi aussi le slow travel en travaillant sur les routes. Pour l’instant j’erre d’auberge de jeunesse en auberge de jeunesse. C’est très correct mais mais pas toujours l’idéal pour travailler au calme.

    Aussi j’aimerai connaître tes bons plans hébergement : hôtel, B&B, location meublée, couch surfing, woofing ? Comment fais-tu pour t’installer provisoirement quelque part (disons 1 mois ou 2) sans te faire plumer comme un touriste ?

    D’avance merci !

    Aurélie, apprentie Digital Nomad

  • Willy 25 octobre 2011, 21 09 39 103910

    Je suis moi-même un semi nomade en Asie depuis 6 ans. J’ai vécu sur Shanghai, Beijing et maintenant sur Kuala Lumpur. Et bien sur j’ai voyage pas mal dans la région. Tout mon business se fait sur Internet avec mon agence Web. Par contre le voyage perpétuel est un peu complique, j’ai vraiment besoin d’être dans mon environnement pour travailler efficacement. Quand je suis en déplacement je n’arrive a faire que le minimum vital (repondre aux emails principalement).

  • benoist from trading Cfd 14 janvier 2012, 11 11 44 01441

    Cela fait rêver, c’est un projet à long terme pour moi. En effet, il me faut psychologiquement un matelas financier pour tenter l’aventure (sans risque).

  • Rakabulle 20 janvier 2014, 17 05 08 01081

    Cet article est excellent ! Merci beaucoup de nous avoir fait connaitre cette personne talentueuse !
    Personnellement, être globe trotteur c’est pour moi un rêve, une aventure que j’aimerais réellement vivre. Et cet article confirme mon envie !
    Cependant, à part l’aspect financier, il y a aussi un autre facteur qui est à prendre en compte : il n’est pas aussi évident d’avoir ce style de vie pour une femme que pour un homme. En effet, selon les pays, les régions, un homme pourra aller où il voudra sans forcément avoir à s’inquiéter, par contre, une femme devra faire beaucoup plus attention…
    C’est une aventure à vivre, mais il faut être conscient et informé, de tous les risques possibles !

  • ludovic 1 août 2015, 7 07 58 08588

    L’article est très intéressant, existe-il un livre sur le sujet pour allez plus loin ? J’aspire à avoir une vie mobile.
    Merci d’avance.

  • Jano 10 décembre 2016, 16 04 08 120812

    Je vais déterrer cet article qui date de 2011 a priori. En cinq ans presque six les choses sont terriblement évoluées.. Il est de plus facile de plus en plus facile de travailler à distance la dématérialisation complètement intégrée dans les outils informatiques les connexions wi-fi dans la rue ou dans les hôtels sont aujourd’hui gratuites et relativement de bonne qualité bien sûre cela dépend de la destination. J’ai pu constater lors de mes voyages que les connexions Internet sont de meilleure qualité en Asie qu’en Europe de l’Ouest.

    Vous parlez d’une valise de 20 kg les billets d’avion terriblement baissé 2011 aujourd’hui une valise cabine permet de voyager encore moins cher bien sûr, le réchauffement climatique n’est pas encore assez flagrant pour ne voyager qu’avec un T-shirt et un short

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