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Une anecdote sur la solidarité …

Je vais vous conter une anecdote qui m’a beaucoup marqué. J’étais alors étudiant en BTS d’informatique industrielle dans une école privée préparant ce diplôme. Le décor se situe dans une salle de classe lors d’un examen de français.

Tous les élèves sont donc réunis pour un examen de français de 3 heures dans une salle malheureusement trop petite par rapport aux nombres d’élèves (une bonne soixantaine) qu’elle devrait accueillir. Nous sommes tous serrés comme des sardines et la révolte gronde avant le début de l’examen. Un groupe d’élèves se plaint bruyamment des conditions de travail et la contestation gagne. Pour ma part, je suis aussi dégouté de la logistique mis en œuvre pour cet examen, mais je ne suis pas parmi les plus bruyants car ce n’est pas dans ma nature.

Puis geste fou, un élève se lève passe devant le surveillant et lui indique que les conditions sont inacceptables. Il sort alors de la salle. Je connais un peu la personne et c’est un étudiant sérieux de la section. Je me dis qu’il a totalement raison. De plus derrière moi, l’agitation règne et je commence à m’échauffer. Je décide donc de me lever et de sortir pour protester contre les conditions dans lesquelles on souhaite nous faire passer cet examen. Je sors de la salle (comme un prince ou comme un idiot ?). Une dizaine d’étudiants vont suivre et nous attendons que le reste de la classe suive. Mais elle ne suit pas … Contre toute attente, l’examen démarre sans nous car la grande majorité des étudiants, dont les plus bruyants et virulents, sont restés dans la salle.

Solidarité

Le résultat de cette petite affaire, c’est une convocation dans le bureau du directeur pour les mutins. D’ailleurs il est à noter que bon nombre d’entre nous sommes des étudiants sérieux qui voulaient juste améliorer leurs conditions de travail. Le directeur nous sermonne et nos explications ne servent à rien : zéro pointé pour tout le monde. Je suis écœuré et nous décidons de nous plaindre à notre professeur de français qui nous soutient et propose de refaire l’examen. Mais là encore, la surprise vient de nos camarades qui ont passé l’examen et qui eux refusent catégoriquement de le repasser, en se plaignant pour la plupart que nous n’avions pas à sortir de la salle (les mêmes qui vociféraient pour indiquer que les conditions d’examen étaient inacceptables). Finalement le professeur nous fera repasser l’examen en comité restreint nous faisant éviter la note couperet.

Cet anecdote est resté gravé dans ma mémoire pour toujours. J’en ai tiré quelques leçons de vie :

  • La solidarité montre très vite ses limites quand l’intérêt n’est pas partagé.
  • Ce ne sont pas ceux qui crient les plus forts qui sont les plus actifs.
  • Il faut savoir insister (poliment) pour obtenir gain de cause.

Voila si vous aussi vous avez une anecdote sur des événements de votre vie qui vous ont marqué, vous pouvez les faire partager dans les commentaires.

{ 5 comments… add one }
  • Tommy@partage de fichier 2 octobre 2011, 21 09 56 105610

    L’anecdote est intéressante, je pense qu’en ce qui concerne les non solidaires, il s’agit juste d’un choix rationnel: il y a plus a gagner a rester dans la salle qu’a en sortir. Ça se rapproche il me semble du dilemme du prisonnier d’une certaine façon: il y a intérêt a sortir de la salle si tout le monde agit de la sorte, mais sans savoir l’issue de l’affaire, la solution rationnelle est de rester.

  • Gilles (Objectifs Liberté) 4 octobre 2011, 8 08 07 100710

    @Tommy :

    Tu as raison le choix est rationnel mais il faut noter que les plus virulents à vociférer qu’il fallait sortir de la salle ne l’ont pas fait ! E t c’est cela qui est un peu gênant, on a pas besoin d’être solidaire si cela est contraire à ses propres intérêts mais de la à entrainer les autres puis à faire chemin arrière c’est moins net.

    Je connais l’anecdote des prisonniers, elle m’avait pas mal plu (c’est un paradoxe mathématique d’ailleurs). En gros elle dit que l’intérêt individuel est souvent contraire à l’intérêt collectif (et réciproquement).

    Pour revenir sur la solidarité de manière plus générale, notre système l’a fait disparaitre car il assure (ou plutôt il assurait …) une solidarité pour les soins (assurance maladie), la perte d’emploi (chômage), la vieillesse (retraite), … La solidarité entre les gens n’est donc plus « nécessaire ». Dans d’autres pays cette solidarité existe mais c’est une question d’éducation et de système.

  • gunday 4 octobre 2011, 22 10 59 105910

    Ca me rappelle la conclusion de mon cours de gestion de projet :
    Après 4 séances de 4 heures de cours de gestion de projet, mon prof a conclu sur une élément qui me semble important de mettre en avant : http://a21.idata.over-blog.com/500×374/3/93/78/76/Humour/noe-pivert-connard.jpg

    J’ai jamais oublié cette conclusion, et d’ailleurs celle-ci s’est toujours vérifié!

  • FredericB 26 octobre 2011, 23 11 46 104610

    La solidarité peut être un fabuleux levier. Peu utilisé malheureusement.
    Nos dirigeants eux sont solidaires et ont un esprit de corps que nous n’avons pas.
    Je suis persuadé que les réseaux font beaucoup…
    A ce sujet, je travaille avec deux gars qui n’ont pour eux que le réseau, et cela est extrêmement efficace

  • Nivek 25 janvier 2012, 15 03 38 01381

    Je trouve ça génial d’avoir la capacité à tirer des leçons de ses expériences.

    Peu de gens prennent ce temps, alors que c’est pourtant bénéfique. Alors que c’est pourtant ce qui peut nous permettre de voir plus clair, de mieux comprendre la vie, en somme, d’avancer, d’évoluer.

    Merci Gilles ! 🙂

    Nivek

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