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Un prêt qui change une vie

Il fait bon vivre dans les pays développés, et en particulier en France. On a tendance à l’oublier un peu ces temps-ci avec la frénésie des médias qui nous jettent à la figure des chiffres moroses afin d’effrayer le chaland, et ce à longueur de temps. N’oublions pas que parmi les pays développés, la France possède un fabuleux système, certes perfectible, rendant possible à tous l’atteinte d’une vie toujours meilleure. Chaque enfant qui naît sur le territoire, chaque adulte qui décide de s’y installer, reçoit des cartes de jeu d’une grande valeur qui lui faciliteront la vie chaque jour et lui permettra de vivre confortablement sur le territoire.

Cette évidence-là, beaucoup trop l’oublient. Nous devrions être reconnaissants d’être simplement français vivant sur le sol français pour toutes les simplicités et la sécurité que cela apporte dans nos vies.

Et nous devrions sans doute aussi nous intéresser un peu à ce qu’il se passe dans le reste du monde, et en particulier dans les pays en voie de développement, où les situations (politique, sécuritaire, …) divergent mais sont unanimement touchés par la précarité et la pauvreté extrême.

Peut-être devrions-nous prendre un peu de notre temps pour aider les habitants de ces pays à améliorer leur niveau de vie. C’est justement chose possible facilement grâce à l’utilisation de concert des NTIC et de la micro finance.

En effet, un site internet américain a été un des premiers à éprouver le concept concrètement, il s’agit du site Kiva.

Principe de la micro finance

Le principe de la micro finance est relativement simple et ne date pas d’hier. C’est l’économiste et entrepreneur Bangladais Muhammad Yunus qui le premier, eu l’idée de créer une alternative aux banques qui monopolisait jusqu’alors les activités de crédit tant bien aux entreprises qu’aux particuliers. Il décida de fonder la première institution dont l’activité allait être de soutenir les entrepreneurs pauvres exclus du système actuel, afin que ces derniers puissent améliorer leur niveau de vie grâce leur ingéniosité, le fruit de leur travail et leur projet. L’institution prit le nom de Grameen Bank. Pour la petite histoire, par la suite Muhammad fut appelé « Le Banquier des pauvres ».

C’est dans un contexte où ces prêteurs historiques ne voulaient plus prendre le risque de prêter aux paysans pauvres sans guère de garantie, que le micro crédit est né. Il s’agit de mettre à disposition une somme d’argent relativement faible comparé aux sommes en jeu dans les pays développés, pour les entrepreneurs des pays pauvres puissent eux aussi lancer leur affaire et prospérer.

Ce sont principalement les pays pauvres et en difficulté qui retirent le plus d’avantages de ce type de financement solidaire précisément parce que les capitaux ont déserté la place.

Le micro investissement est différent du don. Ce n’est pas de l’argent que l’on donne simplement, c’est de l’argent que l’on prête à une femme, à un homme, à un groupe parce que nous croyons à leur projet et que nous voulons les accompagner et leur donner leur chance.

Ces entrepreneurs moins chanceux n’en sont pas moins des personnes honorables est respectueuses de leur engagement et de leur obligations de remboursement.

Prêter pour donner l’opportunité à ceux qui ont été laissé pour compte est une activité qui procure une grande satisfaction. On devient en quelque sorte des « Business Angel » auxquels on aurait enlevé toute connotation de recherche de gains tout en renforçant le caractère responsabilisant et moteur de l’activité qui leur est propre.

Un prêt qui change une vie

Intérêt

Kiva propose de contribuer à des prêts par tranches de 25$. Le site propose une multitude de prêts en cours que vous pouvez filtrer afin de trouver celui (ou ceux) qui sont le plus en phase avec vous et votre vision de la façon dont la pauvreté devrait être combattue. Une multitude de critères sont proposés pour réduire la liste aux prêts qui vous ressemblent le plus (par pays ou par secteur par exemple). Le prêteur a ensuite accès à la fiche descriptive du projet qu’il va potentiellement sponsoriser. Le site est très bien fait, seul bémol, il est en anglais, mais tous les business Angels parlent la langue de Shakespeare n’est-ce pas ?

Stratégie anti-pauvreté

N’ayant pas de stratégie particulière lorsque j’ai découvert ce projet Kiva, mon unique motivation était d’être utile aux plus démunis d’une autre manière qu’en faisant des dons qui, s’ils sont indispensables, ne promeuvent pas l’esprit d’entrepreneur (mais nous sommes dans un autre degré d’urgence dans le cas des dons). Le prêt solidaire est une formidable occasion de réitérer sa foi en la race humaine et à l’esprit d’entraide qui s’essouffle.

Ainsi, je commençais par prêter d’abord aux entrepreneurs qui cultivaient la terre pour une valeur ajoutée directe pour eux et leurs proches. Puis j’ai diversifié les secteurs pour toucher un peu à tout (production alimentaire, élevage, magasin de réparation de matériel, restaurant, etc.)

Après une première phase d’investissement pendant laquelle j’alimentais mon compte de 25$ tous les mois, ma stratégie actuelle consiste en la réutilisation des remboursements mensuels pour prêter à nouveau en maximisant le taux de rotation des capitaux. Ce qui signifie privilégier les emprunts qui seront rapidement remboursés pour pouvoir prêter plus fréquemment, et donc aider plus de personnes, avec la même somme d’argent.

Chaque début de mois je me connecte sur mon espace et je recherche le projet qui me parait le plus sympathique et en quelques clic le tour est joué. Cela me permet de rester connecter avec la réalité des situations dans les pays en voie de développement et c’est une bonne chose.

A titre personnel ou en groupe, l’investissement solidaire est une activité qui ouvre l’esprit et fait prendre conscience de la réalité économique du monde entier.

Les possibilités pour aider les autres sont infinies grâce à l’initiative Kiva.

C’est simple, tout le monde peux le faire.

Encore un mot

Toutes les transactions sont effectuées en utilisant Paypal ce qui garantit la sécurité de ces dernières. Par ailleurs, vous êtes libre de retirer vos fonds lorsqu’ils sont disponibles et/ou que vous avez reçu un remboursement. Les fonds prêtés ne sont pas perdus pour vous. Le taux de défaut est extrêmement faible (de l’ordre de 1%). Toutes les informations sont disponibles sur le site de Kiva qui est remarquablement bien construit.

Finalement, le prêt ne vous coûtera que les intérêts que vous ne recevrez pas et que vous auriez pu avoir en plaçant cet argent. Ceci étant très très largement compensé par le fait qu’avec une seule de vos contribution, une vie, une famille, un village ou plus a vu son quotidien amélioré, et ça n’a pas de prix.

Mettre un pied dans le monde du prêt solidaire permet également de relativiser et de prendre conscience que nous avons un niveau de vie tout à fait confortable.

Faites le bien autour de vous, encouragez les initiatives de ce genre, rejoignez le projet Kiva pour lutter contre la pauvreté.

A bientôt sur Kiva,

Etienne

Pour visiter le site : http://www.kiva.org/invitedby/etienneh

{ 9 comments… add one }
  • philbich 16 janvier 2013, 8 08 26 01261

    Bonjour Etienne

    J’ai la même démarche que toi et suis également micro-prêteur. J’ai aidé à financer une quarantaine de projets et leurs remboursements réguliers me permettent d’en financer d’autres.
    Plutôt que de faire des dons anonymes à des oeuvres aux frais généraux parfois dispendieux, je préfère cette aide ciblée où je sais que l’argent apportée s’investit dans des projets concrets et pour une aide à des personnes physiques clairement identifiées.
    Je ne passe pas par le site américain que tu as présenté mais par le site français http://www.babyloan.org/fr/ et en tant que babyloanien cela me permet également de choisir les projets, les personnes et les pays.

    Pour en savoir plus visualisez cette vidéo :
    http://www.dailymotion.com/video/xb0gzm_presentation-de-babyloan-org_news

    Etre libre c’est pouvoir aussi aider les autres et ces sites le permettent de façon responsable.

  • Etienne (Developpement Physique) 16 janvier 2013, 13 01 21 01211

    Bonjour Philbich,

    Je te rejoins sur le sujet des frais de gestion de certains organismes. Néanmoins, je contribue également à certaines de ces oeuvres mais plus pour m’inscire dans le mouvement et la cause défendue par l’organisme. Si l’on veut être sûr de savoir comment l’argent est utilisé, le mieux est encore d’éplucher le rapport de gestion ou même de devenir un memebre actif.
    Le micro prêt est une approche semblable mais un peu différente car comme nous l’avons dit, il permet de financer directement un projet très précis.

    Kiva propose également de choisir son projet, ses personnes (individu ou groupes d’individus) et bien sur le pays.

    Certains prêteurs vont même jusqu’à rendre visite aux personnes à qui ils ont prété, je trouve ça génial !

    Bien à toi,

    Etienne

  • Alexandra Sphère Humaine 17 janvier 2013, 9 09 10 01101

    Bonjour,

    Je suis également sur le site français de Babyloan. Mais, je participe aussi à un club d’investissement solidaire via Les Cigales. Entre 5 et 20 personnes peuvent se rassembler, épargner chacune un minimum de 10€/mois mis en commun sur un compte et décider ensuite d’investir dans des projets qui passent via une Bourse au Projets. Ces projets sont essentiellement axés développement durable, économie sociale et solidaire.

    Pour en savoir plus sur ce mouvement qui existe dans toute la France mais qui a démarré, il me semble, dans le Nord de la France, région de tradition à forte solidarité:
    http://www.cigales-idf.asso.fr

    Ils ont souvent des stands pour présenter leurs activités dans des salons bio.

    C’est une expérience, intéressante et concrète, car on suit l’évolution des projets.

  • Frédéric 22 janvier 2013, 16 04 32 01321

    Pourquoi aller aider au fin fond du monde alors qu’il y a pourtant déjà tant à faire ici… ? L’intention en elle-même reste cependant louable, mais faisons en sorte d’aider le sans-abri en bas de la rue plutôt que d’aider les enfants en Indonésie, d’autant plus que dans le second cas, il est bien difficile d’observer les effets concrets de notre aide… C’est mon opinion. Cela me rappelle l’antienne a vouloir « sauver les enfants africains » (objectif louable en soi), alors que déjà en France, un nombre non négligeable d’enfants sautent des repas faute d’argent, et que beaucoup de gens vivent dans une sombre misère.
    Toutefois, à nouveau, je félicite la démarche.

  • BA 23 janvier 2013, 14 02 24 01241

    Mercredi 23 janvier 2013 : chiffres de la dette publique pour le troisième trimestre 2012.

    En zone euro, la dette publique de plusieurs Etats atteint des sommes inimaginables.

    En zone euro, la dette publique de plusieurs Etats est devenue hors de contrôle.

    Plus personne ne contrôle quoi que ce soit.

    Nous entrons dans une nouvelle époque : l’époque des défauts de paiement de plusieurs Etats européens.

    1- Médaille d’or : la Grèce. Dette publique de 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB. Tous les soi-disant « plans de sauvetage » de la Grèce ont échoué. Le premier défaut de paiement avait effacé 107 milliards d’euros de dettes. Mais la dette publique continue à augmenter, à augmenter encore, à augmenter toujours. La Grèce va de nouveau se déclarer en défaut de paiement.

    2- Médaille d’argent : l’Italie. Mario Monti laisse derrière lui une dette publique de 1995,143 milliards d’euros, soit 127,3 % du PIB. Mario Monti a fait la preuve de sa nullité. Mario Monti a fait la preuve de son incompétence.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Dette publique de 201,003 milliards d’euros, soit 120,3 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique du Portugal continue à augmenter. Le gouvernement portugais a annoncé que le Portugal était incapable de rembourser comme prévu les 78 milliards d’euros du soi-disant « plan de sauvetage ».

    4- Dette publique de l’Irlande : 190,954 milliards d’euros, soit 117 % du PIB. Là encore, le soi-disant « plan de sauvetage » a échoué. La dette publique de l’Irlande continue à augmenter. Le gouvernement irlandais a annoncé que l’Irlande était incapable de rembourser comme prévu les 85 milliards d’euros du soi-disant « plan de sauvetage ».

    5- Dette publique de la Belgique : 380,923 milliards d’euros, soit 101,6 % du PIB.

    L’Irlande bénéficie depuis novembre 2010 d’un plan de sauvetage sur trois ans de l’Union européenne et du FMI. Le Portugal a quant à lui dû solliciter un plan de sauvetage sur trois ans en mai 2011.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL6N0ARB6520130122?pageNumber=3&virtualBrandChannel=0

  • Etienne from Developpement Physique 25 janvier 2013, 13 01 44 01441

    Bonjour Fédéric,

    Je comprends ton point de vue. Permets moi d’éclaircir ta lanterne en reprécisant mes propos:
    Comme précisé dans l’article, je ne considère pas le don d’argent et le prêt « anti pauvreté » de la même manière.
    Les premiers vont aider soit les enfants indonésiens, soit les sans abris du coin de notre rue en fonction de l’organisme auquel tu choicis de donner. C’est un autre débat que de savoir s’il faut plutôt donner à l’un ou à l’autre. Je ne l’ouvrirai pas ici.
    En revanche, il faut voir le microcrédit comme une démarche complémentatire et parallèle qui te peremet de sélectionner les gens que tu souhaites aider à conrétiser leur projet d’entreprise. En fait, le principal atout de financer des projets dans les pays en voie de développement consiste en ce qu’un euros là bas permet de faire infiniment plus de chose qu’un euro ici en France, tout simplement. Enfin, la plateforme est tout à fait disponible pour des projets Français (mais il n’y en a pas encore).
    Ensuite, tu peux suivre l’évolution du projet comme tu le souhaites.

    J’espère avoir apporté les éléments qui te permettront de bien voir que les deux démarches sont indépendantes, toutes deux louables bien entendu.

    Bien cordialement,

    Etienne

  • Gilles from Objectifs Liberté 27 janvier 2013, 15 03 31 01311

    Bel article et belle générosité. Chacun soutient les causes qui lui tiennent à cœur. Pour ma part je donne chaque année à des associations bien choisies mais qui agissent en majorité sur le territoire français. Pourtant comme Frédéric, je me focalise sur la France car c’est là que je vis et c’est donc là qu’il faut espérer que la situation aille mieux. C’est une démarche un peu égoïste peut être mais réaliste. Il n’est pas dit cependant que je ne me laisse pas tenter par Kiva, je garde l’esprit ouvert mais avec le sens des priorités.

  • Lionel 28 janvier 2013, 10 10 35 01351

    Bonjour Etienne et merci de m’avoir remis devant les yeux le micro-crédit à l’entrepreneuriat. En tant qu’ex-entrepreneur, libéral et humaniste dans l’âme, je suis convaincu que la paix du monde passe aussi par un développement micro-économique local et humain.
    Pourrais-je m’inspirer de votre billet (en le citant bien entendu) pour faire un article sur le site acturama.com ?

  • Etienne (Developpement Physique) 2 février 2013, 16 04 07 02072

    Bonjour Lionel,
    Je t’invite à prendre contact avec moi en utilisant cette adresse:etienne@developpement-physique.com
    Bien à toi
    Etienne

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