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Un parcours professionnel atypique (Entretien avec Guillaume)

Voici une petite série de questions/réponses pour vous présenter le parcours professionnel atypique de Guillaume. N’hésitez pas à commenter et à nous dire ce que vous en pensez !

1) Quel est ton parcours ?

Bonjour à tous, je m’appelle Guillaume, j’ai 32 ans et j’ai un parcours plutôt atypique

J’ai obtenu un Bac S avec exactement 10,00 de moyenne (c’était juste !) pour ensuite filer à l’UFR STAPS de Lyon dans le but d’être prof de sport. Les études ont été super cool. Je pense que tout le monde a déjà entendu parler des fameux étudiants en fac de sport … Je faisais quand même parti des étudiants sérieux et j’ai obtenu ma licence en préparation physique.

Après réflexion, je ne voulais plus faire prof de sport parce que je n’avais pas envie d’être muté dans le nord et dans les endroits difficiles pour commencer ma carrière. Et puis à dire vrai, le monde des fonctionnaires ne me faisait pas rêver.

Pendant ma licence, je me suis rendu compte aussi que je ne pourrai pas être préparateur physique en Athlétisme (mon sport de base) car il fallait être connu dans la fédération pour s’en sortir et je ne l’étais pas. Il a donc fallu que je trouve autre chose à faire à la sortie de mes études.

Je me suis naturellement dirigé vers l’hôtellerie de luxe car j’étais déjà voiturier concierge dans différents hôtels 4 étoiles en parallèle de mes études pour me faire de l’argent de poche. J’ai donc travaillé 4 ans comme voiturier / concierge / bagagiste au Hilton le Lyon. Ca a été 4 années très cool, j’ai rencontré des gens du monde entier, des personnes très intéressantes qui ont participé à mon ouverture d’esprit. En plus je conduisais toutes les voitures qui me faisaient rêver, bref, j’étais au top …

Mais bon pour être honnête ce n’étais pas non plus mon paradis, je bossais 54 h/semaine (on récupérait les heures sup’ toutes les 6 semaines) avec des journées du style : 7h-16h ou 16h-1h. Quand on est jeune et qu’on veut profiter des amis, des sorties, ce n’est pas le top. J’avais le sentiment d’être bloqué à l’hôtel, pas de possibilité d’évolution, un cadre de travail fermé; bref j’étais un peu comme un animal en cage qui voulait repartir dans la jungle.

Pendant ce job, avec un collègue on a eu l’envie de créer une conciergerie privée sur le site de la cité internationale de Lyon. On a passé 4 mois à monter le projet et à se former à la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) de Lyon pour qu’au final le projet ne soit pas accepté. Nous étions très déçus, mais cela fait partie de l’apprentissage dans le monde des affaires.

Puis fin 2006, j’ai eu l’opportunité de devenir conseiller financier indépendant. Tout le monde me disait : « Ne te lances pas la dedans, tu es fou, tu n’y connais rien, tu n’as pas de salaire fixe » ;  bref les pressions sociales classiques que l’on subit quand on veut sortir du moule.

Je me suis quand même lancé parce que j’en avais marre du système salarié. J’ai beaucoup travaillé car je suis parti d’une feuille blanche. Malgré tout, cela a fonctionné car après 3 ans, je dirigeai plus de 30 personnes, un bureau de 260m2, et j’avais même une assistante personnelle. Après 5 ans, je gérais 2 bureaux, j’avais 2 assistants et 50 personnes dans mon équipe… J’étais chargé de manager et former mon équipe, développer le chiffre d’affaire et bien sur aider mon équipe à monter leur structure et à la pérenniser car tout le monde était indépendant. Cela a été une expérience formidable, j’ai appris comme dans une carrière entière dans une boite classique je pense …

En 3 ans je suis passé de salarié en CDI à 1200 € / mois à chef d’entreprise qui gagnait plus de 10 000 €/mois. Tout allait pour le mieux mais j’ai stoppé mon activité en Décembre dernier pour diverses raisons.

2) Comment en es tu arrivé à devenir entrepreneur ?

C’est une bonne question, en fait. Je pense que cela remonte à une après midi que j’ai passé avec mes quatre meilleurs amis. J’avais alors 20 ans sauf erreur. On a fait ensemble un parc accro-branche (dans les arbres). A la sortie du parc j’ai lancé cette question dans la voiture : « Pourquoi on monterai pas notre parc à nous les gars ? ».

Et on s’est lancé comme quatre jeunes fous dans ce projet, pensez-y ! Travailler entre amis, en pleine nature, sans patron à 20 ans… Bref, on a travaillé très dur, on s’est formé. Mais bon, pour faire court, quatre jeunes qui ont 5 000 € dans les poches et qui veulent emprunter 300 000 €, le projet n’a pas pu aboutir vous vous en doutez…

Mais ce n’est pas grave, on a beaucoup appris et c’est à partir de ce moment là que l’idée d’être entrepreneur a commencé à germer en moi.

Guillaume du blog Komment Devenir Riche

3) Est-ce que tu as eu des peurs et si oui, comment tu les as surmonté ?

Bien sur que j’ai eu peur ! Celui qui raconte qu’il n’a pas peur, ment.

Quand je me suis lancé à mon compte en 2006, j’étais en CDI, déjà propriétaire de mon appartement, il fallait absolument que l’argent rentre tous les mois. Donc oui, comme tous les entrepreneurs qui se lancent, j’ai eu peur de ne pas pouvoir faire face à mes factures … En clair, je n’avais pas le choix, j’étais condamné à réussir !

Pour la petite histoire, la veille de commencer mon activité j’ai dîné chez mes parents. Quand je suis arrivé, ils étaient en train d’acheter un appartement en loi Robien avec un conseiller financier « prout-prout » (Excusez mon expression…). Après avoir signé les papiers, ma mère a dit au conseiller : « Tiens c’est marrant, mon fils commence un métier dans la finance demain… « .  Qu’est qu’elle n’avait pas dit !

Cet homme m’a alors pris de haut en me posant des questions du genre :

  • « Quelles études avez-vous faites ? » – prof de sport
  • « Quel est le salaire de base ? » – 0 €
  • « Quel est le portefeuille client que l’on vous donne ? » – 0 client

Il m’a alors dit mot pour mot : « Les gens comme vous, dans le métier, on les appelle les enculeurs de mouches … » Je ne vous mens pas, ce sont ses mots !

Imaginez un peu la réaction de mes parents qui sont fonctionnaires depuis plus de 35 ans,  leur fils veut casser son sacro-saint CDI et partir à son compte dans un secteur d’activité qu’il ne connaît pas du tout. Cerise sur le gâteau un professionnel du secteur en rajoute une couche pour leur dire que je ne devrais pas faire ça. Je pense que vous imaginez bien la soirée que j’ai pu passer …

Donc pour compléter la réponse à ta question précisément : oui des peurs j’en ai eu, mais jamais cela ne m’a bloqué. J’aime bien la citation d’un grand général de guerre Américain : « Le courage, c’est la peur qui tient une minute de plus. ».

Pour surmonter la peur, j’utilise énormément de techniques et cela serait trop long de tout détailler ici mais en voici deux :

La 1ère est une simple question à se poser : « Qu’est que je risque au pire ?« . Cette question est magique car si on réfléchit de manière posée à la réponse de cette question, on se rend rapidement compte qu’en fait, on se fait souvent une montagne pour rien et que du coup il y a peu de risques réels. Pour ceux qui ne sont pas convaincus de cette méthode, deux conseils :

  • Essayez la… et après vous verrez qu’elle fonctionne.
  • Et si vous ne l’êtes toujours pas, lisez ce livre : « Ce qu’il faut savoir avant de mourir de John IZZO », vous verrez que tous les anciens avant de mourir regrettent de ne pas avoir pris assez de risques dans leurs vie. Il faut toujours écouter les ainés, donc FONCEZ !

La 2ème technique est qu’il faut se fixer des objectifs intermédiaires et savoir se féliciter, se faire plaisir quand on les atteint. C’est logique, avant de se faire l’Everest, on commence par le Mont Blanc non et on est content quand on l’a gravi non ? Pour illustrer ceci Martin Luther King disait très justement : « Pour monter un escalier, pas besoin de voir la dernière marche, la suivante suffit. ».

Pour clore la question, ayez confiance en vous et écoutez votre petite voix intérieure, votre ventre a souvent raison…

4) Quels sont les principaux problèmes que tu as rencontré ?

L’état d’esprit est super important, pour moi il n’y a pas de problème, il n’y a que des challenges à relever.

Chaque situation «difficile » qui se présente à moi je la prends comme un challenge à relever, une embuche à passer mais qui fait partie du chemin. Pour moi ces challenges sont sur mon chemin juste pour tester ma motivation à savoir si je veux vraiment réussir.

Le principal challenge à relever va certainement être de surmonter le négativisme ambiant en France et donc à priori de votre entourage aussi. Une foule de personne va essayer de vous stopper net dans vos projets. Eh oui c’est comme ca, en France quand on est entrepreneur, on sort du chemin classique du salariat et donc cela provoque des résistances…

Gardez votre flamme intérieure intacte à propos de votre projet. Gardez toujours vos objectifs en tête et pour ceux qui sont vraiment chi.. et qui n’arrêtent pas de vous dire : « tu devrais pas faire ci, pas faire ca, oullala c’est risqué, je ne te le conseille pas »  et blzablabla…, dites leurs simplement : « Ok, j’ai bien compris que tu savais ce qu’il ne faut pas faire, mais dis moi, je ne veux plus de ce modèle salarié, je veux être libre, du coup tu me proposes quoi ? ». Et vous verrez vous allez entendre les mouches voler.

5) Du coup si tu as stoppé ton activité, tu fais quoi aujourd’hui ?

Oui effectivement, j’ai stoppé mon activité en Décembre 2011.

Pour être complet, je tiens le blog Komment devenir riche depuis le mois d’Avril 2011. J’ai lancé ce blog pour deux raisons principales : transmettre les connaissances que j’ai acquis au cours des cinq dernières années car j’ai rencontré un bon millier de client et je me suis rendu compte malheureusement qu’une grande majorité des Français n’avait pas une bonne éducation financière (et c’est en partie compréhensible car on ne nous apprends pas cela à l’école…). La deuxième raison est que j’ai voulu commencer à diversifier mes revenus suite à la lecture du bouquin de Tim Ferriss : « La semaine de 4h ».

En une année, je suis passé de novice dans le monde du net à blogueur avec 1100 personnes inscrites à ma newsletter, je suis donc content de ce que j’ai fais. En décembre, j’ai fais le pari osé (encore) de stopper mon activité qui était lucrative pour me lancer dans le monde du blogging et de la formation.

Depuis Janvier 2012, je suis donc bloggeur / formateur à temps complet. mais ce n’est que le début, j’ai encore une foule d’idées en stock pour des futures formations, des livres que je vais écrire… et d’autres surprises…

6) Pour terminer, quels conseils tu peux donner à un entrepreneur débutant ?

Cela va rejoindre un peu ce que j’ai dis auparavant. N’écoutez que vous, réfléchissez à ce que vous voulez vraiment faire de votre vie et FAITES LE !

Arrêtez d’écouter tous ces gens qui ne servent à rien qui disent que vous ne devriez pas faire ci pas faire ça… Ayez FOI en vous (je ne suis pas croyant mais je crois en moi).

Arrêtez votre télé et LISEZ ! A la base, je n’aime pas la lecture, normal avec ce que nous impose au lycée. Cela a de quoi dégouter tout le monde. Jusqu’à il y a 3 ans en arrière, à part des revues automobile, je ne lisais rien. Et puis j’ai commencé à lire et cela à radicalement changé ma vie. Lisez, c’est génial tout ce que vous pouvez apprendre dans les livres; il y a tellement de lectures extraordinaires.

{ 10 comments… add one }
  • Guillaume de komment devenir riche 14 juin 2012, 17 05 59 06596

    Merci à toi Gilles de m’avoir accueilli sur ton blog 🙂

  • Cecile 14 juin 2012, 19 07 29 06296

    Excellente interview ! Marrant comme le conseil d’éteindre sa télé revient tout le temps. Moi je dis de carrément la jeter par contre 😉
    Bonne continuation Guillaume !

  • Guillaume de komment devenir riche 14 juin 2012, 20 08 15 06156

    Encore plus « extremiste » que moi :), mais effectivement la TV est un frein pour beaucoup de personnes…
    Si ils ne passaient ne serait-ce que la moitié du temps passé devant la TV à lire, cela serait déjà magnifique !!

  • Eric69 15 juin 2012, 9 09 58 06586

    bonjour

    Eteindre la télé et l’ordinateur aussi.

    Internet est très chronophage. Lire et rencontrer des personnes différentes

  • Tan 15 juin 2012, 9 09 59 06596

    Super parcours, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. Si je gagnais 10000 euros par mois, je mettrais de l’argent de coté pendant 5 à 10 ans et j’aurais un capital pour profiter de la vie. Comme je gagne 4 fois moins, c’est plus difficile d’épargner ou pas suffisamment à mon goût.

    Pourquoi ne pas patienter encore disons 4 ans histoire de mettre 150000 euros de coté (3125 euros par mois, facile pour toi), sans compter ce que tu as déjà ?!

  • Guillaume de komment devenir riche 15 juin 2012, 11 11 16 06166

    @Tan :

    La raison est simple c’est que je me suis séparé de ma femme, j’avais donc 2 choix devant moi :
    – Soit je continuait à bosser 70 – 80h/semaine et effectivement dans 10 ans j’aurai pu être tranquille mais je faisais une croix sur l’éducation de mon fils et la garde alternée.

    – Soit je privilégiais mon fils et je me faisais confiance pour être capable de monter des business et vivre de manière plus équilibrée…

    Je crois que tu sais quelle option j’ai choisi 🙂

  • Salvio 15 juin 2012, 11 11 17 06176

    Interview très intéressante!

    Suivant guillaume depuis un petit moment maintenant via son blog, je trouve son parcours atypique et vraiment plaisant.

    Ce qu’il a fait en 5 ans est assez impressionnant.

    Et puis si Guillaume est un enculeur de mouche, alors le pseudo « conseiller financier » en Robien c’est quoi…? Une mouche ? 🙂

  • Tommy 22 juin 2012, 11 11 59 06596

    Merci de partager ton experience avec nous Guillaume.

    Tu as du courage d’avoir fait tout ca avec des conditions a priori pas super favorables.

    L’etat d’esprit est tres important en effet. Je fais pas mal d' »evenements startups » a Paris depuis peu et je remarque que le reflexe premier des gens est effectivement de chercher des raisons pour lesquelles un projet ne va pas marcher. Il faut une motivation d’acier pour avoir foi en ses capacites et ses projets. Compare ca avec les americains (j’ai vecu 2 ans au Texas) qui vont toujours etre super-positifs (des fois un peu trop) avec tes idees et tes projets et voir comment le projet pourrait marcher. Bien sur c’est une generalisation mais je trouve la difference assez frappante.

    Aussi d’accord sur le fait de lire des livres et remettre en question le mode de pensee dominant – hier j’ai vu un gars avec « la semaine de 4 heures » dans le metro et ca m’a donne le sourire. J’ai voulu lui dire « attention ce livre est seduisant, il ya beaucoup de bonnes idees mais c’est plus complique que ce que Tim Ferriss en laisse entendre » 🙂

    Bon courage pour la suite.

  • Guillaume de komment devenir riche 22 juin 2012, 19 07 11 06116

    @Salvio : mdr… 🙂

    @Tommy : C’est clair qu’entre la France et les US il y a un fossé énorme sur l’état d’esprit entrepreneurial…

    Quand à la semaine de 4h, au contraire, il faut l’encourager le gars, il y en a tellement peu qui lisent et encore moins qui passent à l’action alors un gars qui lit ce bouquin, je lui dis fonce sinon on se place du côté des corbeaux noirs qui ne font que voir le négatif 😉

  • Jean-Yves LE ROUX 11 juillet 2014, 20 08 54 07547

    Votre parcours est typique de l’esprit entrepreneurial.
    L’entrepreneur cherche avant tout des moyens de se réaliser à travers des passions, ou pour se développer et réussir.
    Évidemment, l’environnement, surtout en France, est souvent peu propice et peu encourageant à la prise de risque, et en cas d’échec, on se retrouve souvent seul.
    Ce sont souvent nos valeurs personnelle qui nous donnent l’énergie nécessaire pour prendre les risques et avancer.
    Votre blog, que je découvre, et cet interview montre l’intérêt d’encourager ces fameux profils atypiques, divers d’expériences et de culture, dont les entreprises ont bien besoin.
    Foi d’entrepreneur ! ;o)

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