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Simplifier pour progresser

Article rédigé par Étienne du blog Développement physique qui traite de santé, d’alimentation et propose des outils et des retours d’expériences pour vous aider à développer votre physique grâce au partage d’expérience.

Prendre de la hauteur

Parfois, il faut savoir prendre un peu de hauteur et remettre les choses à plat. Que ce soit dans le domaine de l’investissement, du développement personnel, du développement physique, des relations sociales, ou autres, nous avons tendance à toujours essayer d’en faire plus dans le but d’atteindre plus vite nos objectifs. En soi, la démarche ne paraît pas mauvaise. Après tout, notre société ne nous enseigne t-elle pas de travailler plus pour gagner plus ?

« La vie vaut plus que la vitesse » – Gandhi

Pourquoi tout est si complexe ?

La société de consommation s’est engouffrée dans cette brèche et s’efforce de nous fournir de plus en plus de gadget et autres produits pour nous aider à « aller plus vite ».

Dans l’esprit des masses, en général, plus quelque chose est complexe plus cela doit être coûteux, mais également efficace. Dans la réalité, on se rend souvent compte qu’un système n’est plus avantageux que le système qu’il remplace que si le degré d’intervention humain nécessaire diminue. Or plus un système est compliqué plus il aura besoin d’expertise, de maintenance, de contrôles et de supervision humaine.

C’est bien connu, l’enfer est pavé de bonnes intentions, mais on oublie trop souvent l’objectif que doit servir ce que nous faisons. D’un autre côté, nous essayons toujours de justifier notre passage en laissant une trace supplémentaires, quelque chose de plus par rapport à ce qu’il y avait avant. C’est bien uniquement si ce quelque chose en plus permet de se rapprocher réellement de l’objectif initial. Il est assez rare que cela trouve un écho dans la pratique. Les ajouts qui sont faits, imposent d’être pris en considération pour les évolutions futures et ajoutent donc un paramètre ou une inconnue au problème initial.

La mauvaise nouvelle …

… c’est que la théorie de l’engagement nous enseigne que lorsqu’une telle chose se produit, c’est un effet boule de neige qui apparait. On va continuer d’ajouter des choses pour corriger les problèmes qui surviennent. Il sera dès lors très difficile pour nous d’admettre que nous nous sommes trompés et qu’il faut revenir en arrière. C’est ainsi que de nombreux projets (informatique, personnels, de voyage, de mode de vie) sont abandonnés parce qu’ils sont devenus trop complexes au fil du temps. A tel point qu’il vaut mieux tout recommencer depuis le départ. Le cas échéant, les pertes sont significatives. En définitive, la complexification des choses et des modèles est nourrie par notre ambition d’atteindre la perfection.

Seulement dans la réalité : « La perfection ce n’est pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à enlever ». Bruce Lee

Vers la simplification

Certain courants, bien que différents, partagent l’idée que moins c’est plus. Par exemple, le minimalisme dont l’objectif est de posséder le moins de choses possible ; le mouvement pour la décroissance également, qui prône un arrêt de cette frénésie de production qui affaiblit notre planète. Mais plus important, les entreprises qui réalisent le plus de profits sont également des adeptes de ces méthodes visant à réduire : réduire les coûts, réduire les stocks, réduire les délais, etc. Dans le milieu corporate, ces approches pour réduire sont regroupées au sein du « lean management » (lean = maigre en anglais). L’idée est donc de se séparer du maximum de choses dont l’activité de l’entreprise n’a pas besoin. Concrètement, ce la peut prendre la forme d’externalisation de services non essentiels comme des fonctions supports (comptabilité, recrutement, paie, etc). Bien sur, chaque entreprise à sa vision des fonctions qui lui paraissent essentielle et stratégiques sur lesquelles il faut se recentrer, internaliser les savoir faire et investir.

La bonne nouvelle…

… c’est que l’homme est par nature programmé pour en faire le moins possible .

En effet, la loi de Laborit nous enseigne que l’humain prendra toujours le chemin le plus facile, non pas forcément le plus court, pour résoudre ses problèmes. En cela, l’homme est aussi sage que l’électricité qui passe dans le fil de court circuit dès qu’il en a l’occasion. Qu’on se rassure donc, c’est une démarche naturelle. Notre cerveau a été créé pour trouver des solutions rapides mais imparfaites à des problèmes importants ET urgents :

  • En matière d’investissement, lorsque l’on se retrouve avec une multitude de produits très différents, il devient compliqué de continuer à faire des choix pertinents. Il faut prendre en compte le fait que notre temps est limité et que les évolutions sont rapides et importantes dans ces domaines (marché, législation, etc.).

  • En matière d’alimentation, quand on dispose de tant de choix d’aliments depuis tellement longtemps, on devient vite incapable de choisir les meilleurs d’entre eux pour recouvrer ou conserver une santé excellente.
  • En matière de relations sociales, il devient impossible, à partir d’un certain point, de maintenir autant de lien enrichissant avec nos connaissances (le nombre de dunbar enseigne qu’un individu passant tout son temps à maintenir des relations est limité à 148 personnes dans son cercle, ce qui est déjà colossale)
  • En matière de performance sportive, il est tout à fait ardu d’exceller dans deux sports différents tant chacun d’entre-eux nécessite toute l’attention dont nous pouvons faire preuve.

  • Etc.

L’exemple le plus frappant est notre capacité à performer au célèbre jeu « Tetris » !

La matrice de décision ci-dessous est un outil simple visant à simplifier ses choix dans tous les aspects de la vie :

Matrice de décision

On remarque 4 catégories dont une seule devrait capter toute votre attention. Vous avez dit la numéro 1 ? Vous avez tout compris. Bien que tout soit relatif et fortement dépendant de vos objectifs et de votre tempérament, il ne faudrait considérer idéalement que les évènements entrainant des actions de la catégorie du cadre numéro 1. Ce faisant, on maximise notre potentiel d’action et de résultats en ne s’étalent pas à diverses tâches consommatrices de ressources cognitives et ne rapportant rien en terme de rapprochement vers vos objectifs.

Voici un exemple d’actualité appliqué au paiement des impôts pour mieux saisir :

  • Non important & non urgent : Typiquement le genre d’actions qu’il faut à tout prix arrêter de faire. D’une part, la non réalisation n’a pas de conséquence sur votre quotidien (non importance) et en plus elle n’a pas d’échéance dans le temps (non urgence). Un premier exemple est regarder la télévision… Un autre exemple pourrait être le fait de faire un don à une association reconnue d’utilité publique pour réduire les impôts sur le revenu.

  • Non important & urgent : Ce sont des actions qui n’ont qu’un impact très faible sur votre quotidien mais dont l’échéance dans le temps est proche. Par exemple, profiter d’une promotion pour un produit dont on n’a pas besoin ou encore déclarer ses revenus sur internet. Il faut également chercher à limiter ce genre d’action.
  • Important & non urgent : Ce type d’action regroupe tout ce qui est important et impactant pour votre quotidien, sans pour autant être dû séance tenante. Par exemple, le fait pour un adolescent de préparer sa retraite (encore que !), ou encore le fait de payer ses impôts de l’année prochaine. C’est important mais cela peut attendre.
  • Important et urgent : C’est sur cette catégorie que vous devriez focaliser votre attention. Elle regroupe les actions qui ont un impact significatif sur votre quotidien et qui en plus sont à échéance plus ou moins immédiate. Par exemple, le fait de préparer sa retraite pour une personne de 50 ans sans capital, ou bien encore le fait de payer les impôts de cette année pour un contribuable.

Ce qui est fait n’est plus à faire, soit, mais on oublie de dire que ce qui ne sert à rien ne devrait jamais être fait ! On devrait toujours se poser la question du sens et du but de nos actions.

La méthode du petit neveu

Appliquer la méthode consistant à vous interroger systématiquement sur l’urgence et l’importance des problèmes que vous rencontrez et qui nécessite une action de votre part, et vous verrez que non seulement l’exercice est prenant mais en plus il apporte des résultats très rapidement. Lorsque vous faites quelque chose, posez-vous la question de savoir si ce que vous vous apprêtez à faire va vous rapprocher d’un de vos objectifs ou non. Si ce n’est pas le cas alors ne le faites pas et regardez ce qu’il se passe. Dans la majorité des cas, il ne se passera rien si ce n’est que vous aurez gagné du temps pour faire autre chose de plus intéressant (se reposer, dormir ou manger est bien plus intéressant que de faire quelque chose vide de sens, en effet, dormir vous rapproche de votre objectif d’être en forme pour saisir les occasions qui se présentent !).

N’ayez pas peur, il va arriver des moments ou vous allez vous rendre compte que vous faites quelque chose depuis des années par habitude alors que cela ne vous rapproche pas de vos objectifs. Pire, il se pourrait que ces actions habituelles vous éloignent de vos objectifs en mobilisant votre attention sur autre chose que sur l’essentiel Supprimez ces actions au fur et à mesure et vous gagnerez beaucoup de temps pour faire des choses qui comptent vraiment ou passer plus de temps à faire ce que vous aimez.

L’exercice est beaucoup plus difficile qu’on ne se l’imagine de prime abord. Pour vous aider, vous pouvez imiter votre petit neveu de 7 ans qui demandes toujours « pourquoi ». Vous allez voir que cette petite question va déclencher une avalanche d’autres interrogations à l’issue desquelles vous serez convaincu de faire ou de ne pas faire ce que vous auriez fait machinalement il y a quelques heures !

A cette occasion vous vous rendrez compte à quel point vous êtes conditionné par vos habitudes … Efforcez-vous de faire cet exercice régulièrement pour voir toute son efficacité !

Quand on sait que le concept de liberté tourne autour de la maîtrise de son temps, on prend conscience que la simplification (et l’automatisation) de notre vie est un formidable accélérateur vers la liberté. Comme toute chose, cela a un coût, celui de sortir de sa zone de confort et de se remettre en cause en se posant des questions simples et surtout en prenant acte et en ne faisant plus les choses sans un but très précis.

{ 7 comments… add one }
  • Thomas from Blog Santé 29 avril 2012, 21 09 25 04254

    Un article bien complet qui remet les points sur les i. Je suis d’accord avec toi, il faut ralentir et déterminer ce qui est vraiment important. Comme le dis si bien Gandhi, ce n’est pas en vivant à tout allure qu’on va profiter de la vie et être heureux. C’est bien dommage que la société soit en désaccord avec le principe de simplicité. Il y a trop de choix, il suffit de faire un tour dans un hyper marché. Quel est l’intérêt d’avoir 56 marques de chips si ce n’est nous compliquer la vie ?

  • Cecile 30 avril 2012, 2 02 51 04514

    Très bon article merci, qui a le mérite d’être très complet.
    J’utilise souvent la méthode des 4 catégories, je trouve que c’est une très bonne façon de s’organiser et de faire le tri parmi « la montagne de trucs à faire ».
    Automatiser, c’est ce que je fais tous les jours dans tous les domaines. Le week-end dernier, j’ai fini l’automatisation de mon potager : je n’ai plus à me préoccuper d’irrigation, tout ce que je fais c’est ramasser les fraises (bientôt les tomates, haricots etc…).
    La décroissance, la simplification, etc on y viendra de toutes façons quand les énergies seront trop chères pour faire autrement 😉

  • Julien 30 avril 2012, 8 08 49 04494

    Très bon article, qui colle beaucoup avec ta philosophie de minimalisme : l’idée étant de trier au quotidien ce qui est important de ce qui ne l’est pas et de revenir aux fondamentaux/au sens des choses. « A quoi sert ce que je suis en train de faire?  »
    Tu parles du temps à la fin de l’article : on peut aussi se poser la question de savoir combien de temps on passe dans chaque cases au quotidien, « ah tiens, je passe 40% de ma journée dans les cases 3 et 4 ». Pour moi, c’est l’un des meilleurs outils pour optimiser son efficacité.
    Petit clin d’oeil pour la citation de Bruce Lee que je ne connaissais pas et que j’adore!

  • Etienne from Developpement Physique 4 mai 2012, 11 11 08 05085

    Bonjour et merci pour vos commentaires.

    @Thomas : La solution, ne pas manger de chips 😉

    @Cecile : Tu as raison, la croissance est artificiellement maintenue en vie ces temps ci par les banques et autres institutions de ce genre. Viendra un jour ou une correction arrivera. La question n’est pas si çela arrivera, mais plutôt si cela arrivera dans un futur proche ou lointain…

    @ Julien : Bruce Lee a vraiment des citations géniale je trouve. Gandhi n’est pas mal non plus. Effectivement, il faut se concentrer sur ce qui importe, ce qui nous fait progresser, nou ou bien les autres et arrêter de perdre son temps à faire des choses inutiles (c’est très dur car on nous apprends à l’école à faire un tas de choses qui ne servent à rien… mais c’est un autre débât…)

    Bien à vous

    Etienne

  • Named 5 mai 2012, 20 08 08 05085

    Salut Etienne.

    Je trouve cet article très pertinent surtout quand tu nous parle de la théorie de l’engagement.

    Je suis un grand fan de la matrice d’Eisenhower, au départ je l’utilisais quotidiennement et maintenant de manière hebdomadaire. Cela me permet d’avoir plus de recul et de faire le bilan de ma semaine de travail et de mes priorités.

    La matrice est un outil très utile mais quand on l’utilise au quotidien on a tendance a rajouter des tâches supplémentaires histoire de remplir le tableau. Je pense que beaucoup de gens l’utilisent mal en voulant classer une dizaine de tâches à réaliser en une’ journée alors qu’ils n’ont a rien à ajouter.

    Cette matrice est complémentaire avec la loi de Pareto car les tâches de la catégorie 1 sont celles qui ont souvent un impact immédiat et durable sur notre travail.

  • Zakari 15 mai 2012, 23 11 16 05165

    Merci pour ces rappels! Avec toute la technologie que nous possédons on peut très facilement automatisé nos taches (faire ses courses en ligne par exemple) ou même avec des logiciels.

    Effectivement je remarque souvent que lorsqu’on se donne trop d’objectif (souvent dans le but de pouvoir en réaliser au moins un), on fini par n’atteindre aucun d’eux.

  • Etienne from Developpement Physique 17 mai 2012, 11 11 37 05375

    @Named : Les outils les plus simple sont aussi les plus puissants. C’est normal, notre tendance à vouloir nous occuper tout le temps nous a été transmise par nos parents, par notre système éducatif et par notre entourage maintenant… c’est la matrice 🙂

    @Zakari : L’automatisation des tâche est effectivement un allié précieux mais il ne faut pas tomber dans le travers d’en faire plus sous prétexte que c’est automatisable (et là le bat blesse).

    Etienne

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