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L’art d’être SDF sans dormir dehors (Entretien avec Linoa Lamour)

Rendez-vous est pris près de mon lieu de travail à midi pour rencontrer Linoa qui tient un blog ou devrais-je dire un ovni tellement le sujet est original. Le blog s’intitule «L’Art D’Etre SDF Sans Dormir Dehors» et il m’a tout de suite interpellé par son originalité. La curiosité m’a pris et j’ai sollicité Linoa qui devait passer sur Paris mi-mai pour un petit entretien qu’elle a accepté.

Je rejoins donc l’Esplanade de la Défense à la recherche de ma future connaissance et peut-être amie, qui sait ? Je n’ai pas de photo mais elle m’a dit qu’elle était en Roller, donc je la trouverai facilement malgré la foule du midi. J’arrive sur place et je l’aperçois immédiatement : une belle métisse avec un grand sourire et roller aux pieds. Linoa me dit que l’on peut manger n’importe où mais qu’elle est végétarienne. Qu’à cela ne tienne, je file au restaurant libanais le Pico qui sert une excellente assiette totalement végétarienne et dont je commence un peu à connaître le sympathique patron.

Il est temps de discuter et de faire mieux connaissance pour préparer les questions que je poserai plus tard à Linoa et qui je pense peuvent en intéresser plus d’un. Car il est vrai que la situation de SDF (Sans Domicile Fixe) effraye nos concitoyens. Au vu de la précarité de l’emploi, des divorces, de la hausse des prix, de plus en plus de français prennent peur. Linoa peut-elle par son expérience les aider (c’est la question que je me pose) ? La condition de SDF est-elle possible sans sombrer ? Bref une foule de questions que je note et que je vais poser à Linoa par courriel un peu plus tard et dont voici le résultat :

Linoa Lamour au restaurant Pico

Gilles : Peux tu te présenter Linoa ? Age, profession, situation familiale, bref je veux tout savoir mais tu n’es pas obligé de tout me dire !

Linoa : Hmm… Linoa Lamour, 27 ans (je me croirai sur un site de rencontre : ASV -Age,Sexe,Ville – ? Hi hi !), principalement cinéaste (car j’ai plus d’une corde à mon arc, du moins j’essaie mais ma passion première demeure celle du septième art) et en rupture familiale depuis près de dix ans. Je ne suis pas douée pour parler de ma vie privée ou de ma situation familiale inexistante… Sinon, je suis SDF depuis deux ans.

Gilles : Ton blog L’Art D’Etre SDF Sans Dormir Dehors est un OVNI, d’où t’es venu l’idée de faire un tel blog ?

Linoa : Depuis un peu plus d’un an, j’ai commencé à rédiger un carnet de bord sur une période clef de ma vie (celle où je tente de reconstituer mes racines maternelles) et petit à petit, ce projet a pris forme sans trop que je m’en rende compte, jusqu’à ce que je me retrouve avec un dossier format A4 de 180 pages où figurent six mois de mon existence. J’ai lu quelques passages à mon entourage proche et leurs réactions furent unanimes : « tu tiens un livre que tu te dois de faire publier ». Ce projet a évolué et je suis actuellement en seconde réécriture pour qu’il devienne un roman. Alors il a fallu commencer à chercher un titre. Et puis, voyant les blogs florissants chaque jour sur la toile mais tous tournant pour la plupart autour des mêmes thématiques (amour, argent, jeux,…) , je voulais me dissocier de tous. Trouver un titre qui percute, qui dérange, qui interpelle, un titre sur un sujet que je maîtrise parfaitement mais alliant deux idées improbables ensemble. « L’art » et « SDF Sans Dormir Dehors » était un pari fou mais à quoi bon faire un blog pour pleurer sur la condition de SDF ? Les médias sont bien plus fourbes et savent le faire mieux que moi. Et puis, être SDF, indépendant et heureux sont des notions qui me correspondent davantage. Alors pourquoi pas ? Avec le recul, ce ne sont que les gens qui sortent de la pensée unique qui nous permettent d’élargir notre champ de vision. Et chez les SDF, j’ai ouvert un créneau encore inexploité pour, en plus, donner des conseils simples et pratiques à tous ceux qui un jour peuvent se retrouver dans cette situation.

Gilles : Certaines réactions sur ton blog concernant ta situation de SDF (volontaire c’est ça ?) ne sont pas très sympathiques et pas justifiées, as-tu une explication ?

Linoa : L’être humain, en général, est ainsi fait : il sera le premier à être peiné pour celui qui souffre, mais il sera le premier à cracher sur celui qui est heureux. La société occidentale s’est moulée de cette façon, d’autant plus depuis ces cinquante dernières années via les nouvelles technologies de communication, et l’éducation a octroyé le fait de nous apprendre à être heureux simplement pour davantage nous créer des pseudo besoins et nous faire consommer toujours plus. De fait, être heureux sans moyen matériel est-ce possible ? La réponse est oui ! Je pardonne volontiers tous ceux qui n’ont pas l’habitude de sourire mais qui montrent les dents à chaque fois qu’on bouscule une idée reçue. C’est parfois tellement ancré en eux qu’il faut batailler avec sa conscience et faire en fonction des caractères ; certains plus sensibles, d’autres plus virulents,… Ce n’est pas évident, je le sais. Mais j’ai confiance.

Gilles : Comment te débrouilles-tu au quotidien pour trouver un logement, de quel budget journalier disposes-tu ?

Linoa : Au niveau de mes frais réels, je n’ai que les transports et la nourriture. Je ne mange qu’une fois par jour (du moins j’essaie car bonté divine, les gens sont très généreux avec moi) et là aussi c’est un choix que je vis très bien. Et le RSA suffit amplement. J’arrive à me nourrir correctement avec environ 20 euros par semaine et le reste part en frais divers. Concernant le logement, il existe tous les cas de figure : parfois, je rencontre des personnes qui me proposent de m’héberger, tantôt, je dors chez des amis (ou les amis des amis), parfois je dors à l’hôtel quand c’est dans un cadre professionnel, tantôt je choisi des fonctions (comme l’animation par exemple) de courte durée qui incluent le logement. En somme, je ne peux parler de régularité car je voyage beaucoup mais jusqu’à présent, j’ai toujours trouvé des solutions. Et il en existe à foison, je ne suis pas inquiète.

Gilles : Je me suis souvent posé la question : et si je perdais mon domicile, où pourrai-je trouver une adresse fixe (hors mes amis ou parents) ?

Linoa : Dans un premier temps, il existe la poste restante. Tu vas dans n’importe quel bureau de poste en demandant quelle est la poste restante (car elles ne le font pas toutes) la plus proche de là où tu le souhaites et pour 25 euros environ durant trois mois, tu reçois ton courrier dans la poste choisie à ton nom. L’avantage, c’est qu’ils te gardent ton courrier 15 jours (voire même plus d’un mois si tu négocies gentiment avec celui ou celle qui s’occupe de ce service), c’est un service rapide et très accessible géographiquement. L’inconvénient, c’est que chaque courrier que tu réceptionnes te coûtent environ 0,60 cents et ça chiffre vite… Sinon, il existe une autre possibilité gratuite et qui est un droit français, c’est d’avoir une adresse directement dans une mairie. Un ou une assistante sociale s’occupe de ton dossier, tu enregistres une boîte postale qui t’es unique et tu reçois ton courrier à ton nom dans cette mairie. Le service est rapide, fiable, gratuit et généralement, on te recommande de passer toutes les semaines. Mais là aussi, tout se négocie si tu vois ce que je veux dire…

Gilles : As tu beaucoup de bagages, stockes-tu tes affaires quelque part ?

Linoa : Malgré mon cheminement vers le minimalisme, je demeure une femme et j’ai quelques restes de mes différentes vies qui tiennent dans deux mètres carré. Parfois, ils sont dans un garage, tantôt un garde-meuble, parfois dans des caves d’amis,… Mes affaires voyagent aussi mais moins que moi.

Gilles : Il est 22 heures et tu n’as nulle part où dormir, que fais-tu ?

Linoa : Hmm, vaste question. Tout dépend où tu te trouves, de ton environnement et de ton état d’esprit. Mais j’ai déjà donné des éléments de réponses structurés dans un de mes premiers articles. Je pense que ça répond largement à ta question mais si certains ont besoin d’informations complémentaires à ce sujet, n’hésitez pas à venir me les poser dans les commentaires sous l’article concerné, je me ferai une joie de répondre.

Gilles : Quelle est ta meilleure et ta pire expérience en tant que SDF ?

Linoa : Je vais commencer par la pire : une agression physique mais j’ai eu beaucoup de chance. Je ne m’attarderai d’ailleurs pas dessus car malgré mes nombreux voyages à l’étranger, ce n’est arrivé qu’en France… La meilleure ? Hmm, je dirai que depuis que je suis SDF, à mon anniversaire, j’ai droit à un voyage. Il y a deux ans, c’était en Écosse. L’année dernière, c’était en Guadeloupe. Et cette année, ce sera en Afrique du nord (un ou deux pays, c’est encore en réflexion…). Le plus intéressant, c’est que ces présents viennent de personnes différentes et de tous horizons.

Gilles : Peux-tu nous parler de ta situation financière ? Tu es sur la paille ou quoi ! ?

Linoa : Tout dépend comment on la perçoit. Je ne suis nullement inquiète du lendemain. J’ai des dettes s’élevant à un nombre composé de cinq chiffres et j’ai le sourire aux lèvres. Cela ne m’empêcherait pas de trouver un logement et d’avoir une vie plus conventionnelle si je le souhaitais. C’est juste que je ne serai jamais chez moi et que vivre comme ça, cela me convient mieux. D’ailleurs paradoxalement, je vois davantage mes amis, très dispersés géographiquement et ce, dans plusieurs pays. Etre sur la paille, c’est dans la tête. Comme une banque qui fait joujou en permanence avec des chiffres virtuels. Si elle a envie de croire qu’elle est sur la paille, ce n’est pas difficile ; on reprend l’affaire  Kerviel (l’ex trader de la Société Générale) par exemple, on pleure dessus et tout le monde est content. Cela ne l’empêche pourtant pas aujourd’hui de continuer à être en tête de liste, parmi les banques les plus côtés. L’argent, c’est fait pour en gagner mais aussi pour en dépenser. Il ne faut pas l’oublier. Hélas, les sociétés occidentales donnent trop d’importance à cette ferraille qui n’est pas comestible. Personne ne va en prison pour endettement pour la simple raison que c’est le système lui-même qui l’a créé  (cf L’Argent Dette de Paul Grignon ). Ainsi, pourquoi avoir peur des fluctuations des chiffres positifs ou négatifs sur son compte bancaire ? On naît à zéro et malgré ce qu’on veut nous faire croire, on meurt à zéro. Entre temps, avec nos contraintes et nos expériences propres, on gagne et on perd de l’argent. Ça s’appelle la vie. Le Bouddha a dit une phrase qui a bouleversé mon existence : « La vie, c’est comme un hôtel. Nous profitons, jouissons des biens mais à un moment donné, il faut savoir partir car rien ne nous appartient éternellement« . En effet, on conditionne les occidentaux à posséder, là où les orientaux préfèrent jouir simplement. Chez moi, le bonheur est également dans la jouissance, pas dans la possession.

Gilles : Peux-tu donner quelques conseils essentiels pour quelqu’un qui se retrouverait dans une situation de SDF non désiré ?

Linoa : Déjà de ne pas se stresser. Les solutions apparaissent plus aisément l’âme au calme. De faire du tri par le vide dans son matériel (c’est incroyable tout ce que peut entasser l’être humain en se faisant croire que tout est indispensable) mais également dans son esprit. S’il s’agit d’un énorme problème dit insurmontable, apprenez à fixer les priorités et décomposez celui-ci en plusieurs petits problèmes. Ce sera plus facile à appréhender et à dédramatiser. Exemple extrême : on vous met à la porte, vous avez une jambe dans le plâtre, votre femme, votre enfant ou vos parents (ou un membre important dans votre vie) meurt et vous avez 300 000 euros de dettes que vous délègue votre défunt. En plus, vous avez une dépendance intrinsèque qui vous rend dingue si vous ne la soulagez pas (alcool, drogue, cigarette,…). Moral dans les chaussettes, au début la réaction normale est de pleurer. C’est humain. Ensuite, parmi tout cela, quel est l’urgence ? Le défunt ? Non, il est mort. Les dettes ? Demain et après demain, ce sera pareil. La priorité, c’est votre jambe et votre santé. Car sans elle, on ne peut rien faire. Changez d’environnement, faites-vous aider, les amis, les associations,… Si vous avez trouvé des gens pour vous y fourrez dedans, vous en trouverez pour vous en sortir si vous le souhaitez vraiment. C’est juste que les deux catégories ne se trouvent pas au même endroit. Tout est donc question de volonté. Ensuite, il faudra vous loger quelque part pour récupérer et réfléchir. Là encore, on peut lire mon article mentionné plus haut qui donnent pas mal d’éléments de solution. Les funérailles viennent ensuite, avec un éventuel surendettement supplémentaire. A ce moment-là, pensez à vous balader, à vider votre esprit et essayez de vous accrocher à un souvenir qui vous rend fort : l’obtention d’un diplôme, la fois où vous avez sauvé une vie, quand vous êtes devenu parent,… Peu importe, on a tous en nous une expérience dont on est fière. Il faut essayer de se souvenir de cet état, de se gonfler le coeur de ce sentiment de puissance et affronter la situation au plus vite pour garder cette dynamique car seul l’action change et fait évoluer. Concernant les banquiers, sociétés de recouvrement, blablabla,… Ils ont tout intérêt à s’adresser à vous poliment (car oui, pour la plupart, ils vous prennent de haut) puisque étant donné que vous avez tout perdu, ils ne peuvent plus rien vous prendre (oui, même s’ils disent le contraire). Donc à vous de négocier un échéancier dans la limite de vos possibilités et le tour est joué. En bref, il faut cesser de se croire dans une spirale infernale alors qu’il y a toujours des solutions quand on sait regarder. Bernard Tapis, F rank Abagnale Jr et des nombreuses personnalités politiques (pour ne pas dire quasiment toutes celles situées en haut de l’échelle) ont été bien loin du 1000 euros de découvert et cela ne les a pas empêché de s’en sortir. Dans une vie, on en a souvent plusieurs. Cela s’appelle aussi l’expérience. Ce n’est pas parce que je suis endettée aujourd’hui que je le serai éternellement. Votre meilleur ami, c’est vous-même mais attention, votre pire ennemi, c’est également vous. Alors pour finir, ayez confiance en vous, le reste découlera tout seul.

Gilles : Une petite conclusion, mais avant veux-tu m’épouser ? Je plaisante mais tu as reçu deux propositions en mariage via ton blog, c’est ça ?

Linoa : Hi hi hi… ! C’est écroulée de rire que je pianote cette réponse sur mon clavier. Hmm, oui j’en reste encore coite et je ne sais que répondre à cela. Je ne me larmoie pas sur mon sort mais je ne me cache pas de ma situation en général non plus. Chose que j’assume complètement et avec le sourire. L’amour rend peut-être aveugle pourtant j’avertis bien les protagonistes concernés. Je fais également tout le contraire pour ne pas plaire, loin des figures de magazine ou de mode. C’est juste que je suis aimante car passionnée par l’être humain qui est un puits infini à explorer. J’aime la vie et mon affection saine doit plaire… Enfin je crois. Quoi qu’il en soit, cette expérience montre qu’il n’y a pas règle de physique, de classe sociale ou autre. L’important est de choisir celui qu’on a envie d’être, d’être en paix avec soi-même et d’être heureux, quel que soit le chemin de vie emprunté. Et ce, même s’il est différent de la majorité. Votre bonheur n’est pas égal à celui des autres, sinon ça se saurait ! C’est ce qui fait de vous un être unique et formidable !

{ 35 comments… add one }
  • Christian 24 mai 2011, 22 10 21 05215

    voilà un article qui décoiffe !
    il nous donne une bonne leçon, il y a tellement de choses inutiles dont nous pourrions nous passer.
    Mais, nos habitudes nos souvenirs nous font amasser des babioles ; par respect pour notre entourage nous conservons des cadeaux inutiles durant des décennies, pas étonnant que nos caves et nos tiroirs soient si encombrés.

  • Christophe 25 mai 2011, 17 05 11 05115

    Bonjour Gilles.

    Finalement le rideau tombe. Le blog n’est qu’un moyen pour faire des rencontres !!

    C’est la première fois que tu diffuses une photo de toi et en plus en bonne compagnie.

    Le sujet est très intéressant et montre qu’avec de la détermination, du courage et de la volonté, il est possible de vivre avec peu de moyens. Je pense que cela n’est pas donné à tout le monde.

  • Gilles (Objectifs Liberté) 27 mai 2011, 21 09 40 05405

    @Christian : la vie de nomade a l’avantage de développer la simplicité (forcé ?) car on ne peut voyager avec 100 kg de bagages. La philosophie que développe Linoa me plait bien même si certains ne la comprendront pas ou seront sans doute choquer mais la liberté est à ce prix. Cette forme de nomadisme choisi peut nous faire réfléchir nous les sédentaires sur nos modes de vie et nos objectifs de vie.

    @Christophe : oui tu as raison, un blog est un moyen de faire des rencontres et j’ai fais la une belle rencontre. A force d’écrire sur les différents sujets je me rends compte que j’ai surtout envie de discuter simplicité et mode de vie car au niveau de la partie indépendance financière beaucoup de choses sont déjà dites ici ou ailleurs et on s’éloigne des sujets sur l’humain. Linoa vit un peu de la générosité des autres mais si on observe en Asie ce qui se passe, les bonzes vivent aussi de la générosité des gens par des offrandes. Linoa serait-elle une sorte de bonze qui dispense de la spiritualité et du bonheur ?!

  • Linoa Lamour 1 juin 2011, 12 12 14 06146

    @Gilles : Juste un petit bémol à ta perception. Je ne considère pas vivre un peu de la générosité des autres car je me suffis à moi-même. Tout ce que je reçois (quand c’est le cas) sont des présents et je reste en droit de les accepter ou pas. Mon choix de vie est beaucoup plus basé sur l’échange, les rencontres et la psychologie humaine. De part mon métier, je me retrouve facilement cloisonnée entre 4 murs durant des mois entiers pour écrire un scénario ou un roman. Le fait d’être SDF m’oblige à aller vers l’autre et comme je l’ai dit dans l’article, depuis que j’ai ce mode de vie, je vois mes amis plus souvent sans pour autant les voir plus d’une fois tous les 3 mois (car ils sont nombreux et très dispersés géographiquement…). Vivre de la générosité des autres a pour moi une connotation de profit que je ne partage pas. En effet, être reçue et recevoir sont un don de soi des deux côtés parce qu’on est prêt à partager son intimité : comment on dort, notre alimentation, nos habitudes de vie,… En somme, c’est un peu ouvrir son jardin secret car on dévoile tout ce qui ne se dit pas ou ne se voit pas. Concernant les bonzes, c’est gentil mais je suis loin d’avoir atteint leur sagesse…

    Merci à tous pour vos remarques, je vous souhaite du soleil plein le coeur car c’est ça le plus important. Quel que soit le chemin de vie emprunté.

  • Matt (Acide ici) 1 juin 2011, 15 03 00 06006

    Je concède ma surprise à cette lecture. C’est bien, ça rafraîchit : toujours être capable d’envisager les choses sous un autre angle.

    Après, ce mode de vie et ces choix ouvrent le questionnement de l’échelle de temps : doit-on vivre le présent ou préparer le futur ? Vaste question, et trop de sensibilités différentes pour en dégager une réponse unique (ça me donne néanmoins une idée de futur article, tiens… 😉 )

    Je me souviens du bouquin d’Alain Soral, « Sociologie du dragueur », dans lequel il expliquait avoir été un dragueur de rue qui dormait sur un banc et le ventre vide s’il ne trouvait pas une demoiselle dans le lit de qui dormir la nuit. L’application de la méthode serait plutôt différente dans le cas de l’interviewée…

    Toujours est-il que j’apprécie le sens des urgences, des priorité et le recul sur l’importance fantasmée des choses de la vie qu’exprime Linoa. 🙂

  • Manu 4 juin 2011, 1 01 05 06056

    Tout d’abord je m’étonne d’être resté scotché sur cet article. Finalement je ne regrette pas ma curiosité.

    Ensuite je m’étonne du personnage que je côtoie presque tous les jours à la pose café.

    Enfin comme vous tous je m’interroge sur ma vie, sur ce qui est essentiel et superflu. Est ce vraiment un choix de vie? ou ne serait il pas un peu forcé par le destin ? l’essentiel et de trouver son bonheur.

    Conclusion, une bonne interview qui ne laisse pas indifférent,
    Merci Gilles, merci Linoa

  • Grégory 8 juin 2011, 17 05 09 06096

    Voila un article rafraîchissant, autant par le sujet, ô combien étonnant, que par la personnalité de Linoa …

    Sans aller aussi loin que Linoa, se questionner sur l’importance réelle des « choses » (possessions, engagements, connaissances, …) est important (!) mais c’est quelque chose que notre mode de vie (éducation, poids social, nez dans le guidon, …) nous empêche de faire.

    Le mode de vie de Linoa nécessite (au sens premier) ce questionnement et cette prise de conscience.

    Ce qui m’impressionne le plus, c’est véritablement le rapport à la possession qui est complètement chamboulé par rapport à la norme. J’essaie actuellement de me lancer de ce genre de processus. Et on sent un véritable allègement et une clarté plus grande. Mais j’ai encore du chemin à faire 🙂 !

    Extrêmement inspirant … Merci !

  • Gilles (Objectifs Liberté) 9 juin 2011, 21 09 05 06056

    Linoa manie bien le verbe et sa philosophie très simplicitaire correspond à ce que j’aime. Moi aussi j’ai été impressionné par la justesse de ses réponses.

    Sans aller jusqu’à une vie nomade il est possible de se poser la question concernant nos possessions et nos engagements (comme le fait remarquer @Gregory). Notre éducation et les standards sociaux nous contraignent, mais avec de la réflexion il est possible de s’en affranchir, à condition bien sur d’être capable d’affronter la critique qui ne manquera pas. Dès que l’on est différent, il faut se justifier !

    Pour ma part j’estime qu’en ce qui concerne les possessions je suis arrivé au bout de ma démarche car je possède peu de biens physiques et pas de gout particulier pour les objets. Donc il est difficile de me faire consommer pour rien et je n’accumule pas. Je peux donc me promener devant le magasins sans risque d’achat compulsif. Concernant les engagements c’est plus compliqué pour moi mais c’est un autre sujet.

    En tous cas je suis content que cet article ait suscité des commentaires positifs (et des commentaires tout courts) car souvent les gens sont plus intéressés par la partie indépendance financière/investissement que la partie simplicité qui est pourtant primordiale. Pour ma part les premières questions que je me suis posé au début de ma démarche étaient des questions concernant mon mode de vie et en particulier la simplicité (voire le dépouillement) !

  • Martin 6 octobre 2011, 2 02 22 102210

    Un article très intéressant, une belle leçon d’optimisme. J’aime bien ce genre d’état d’esprit par rapport aux gens qui se laissent déprimer… Linoa, si tu passe à Paris, ça me ferait plaisir de t’inviter à manger au resto (et t’héberger si tu veux) ^^ Sinon rencontres tu ce même état d’esprit chez d’autres SDF?

    En tout cas sympa ta philosophie de vie. Je pense la partager sur certains points, n’aimant pas la société de consommation telle qu’elle est et préférant surtout voyager ou rencontrer des amis plutôt que d’aller faire du shopping… A quoi bon consommer? Ça ne me rend pas plus heureux…

    Enfin, même si une demande en mariage sur ton blog est impressionnent, cela ne me surprend guère. Malgré ta détresse, tu es une femme épanouie qui a le joie de vivre en toi. Loin des mannequins photoshopés et de la superficialité de notre monde, tu vis pour toi et pas pour les on dit. Ma copine est un peu comme ça également et c’est aussi pour cela que je l’apprécie énormément.

    Bon courage à toi et merci pour ce très bon article 🙂

    Martin

  • Linoa Lamour 9 octobre 2011, 12 12 57 105710

    @ Martin : Evidemment que je suis pleinement épanouie puisque je ne suis pas DANS la détresse. Que ce soit bien clair : tout va très bien pour moi et je ne subis pas. J’adore ma vie. Concernant mon blog, je n’ai pas reçu qu’une réelle demande en mariage mais bel et bien deux 😉
    Sinon oui, j’ai connu quelques SDF qui ont cet état d’esprit de bonheur via leur condition pleinement choisie mais peu en France… Hélas. L’interaction se faisant plus sur la défensive dans l’hexagone. Je pense que c’est la société actuelle qui a façonné cela. Soit.
    Enfin, si tu veux me rencontrer sur Paris cela peut être envisageable. Peu importe la raison. Comme je n’ai peur de rien (du moins c’est ce vers quoi je tends fortement), j’essaie de rester très accessible et de garder l’esprit ouvert à tout.

    Merci encore une fois inconditionnellement à tous pour vos commentaires. L’élévation d’une conscience plus libre me donne beaucoup d’espoir pour le monde de demain.

    Affections et salutations

  • Martin 9 octobre 2011, 16 04 06 100610

    Bonjour Linoa

    OK, c’est cool 🙂 Sinon comment blogue tu? Tu as un ordinateur portable ou dans un cybercafé? Du coup pour me mariage sinon, tu t’es décidée ^^?

    OK bah dis moi quand tu sera dispo, n’hésite pas à m’envoyer un email depuis mon formulaire de contact de mon blog et ca me ferai plaisir de te rencontrer 🙂

    A bientôt et bon week-end à toi

    Martin

  • Delphine 16 novembre 2011, 15 03 43 114311

    Linoa est une personne charmante et intéressante mais son mode de vie me laisse dubitative. Est-on vraiment libre quand on est hébergé chez les autres ? Ne pas être dépendant à l’argent et au confort, c’est évidemment une force mais à quoi bon si on doit être dépendant de la générosité d’autrui ?

    Sur ce, excellente fin de semaine à tous !

  • Gilles from Objectifs Liberté 17 novembre 2011, 8 08 43 114311

    @Martin :

    Encore un qui est tombé amoureux de Linoa et qui veut l’héberger ! J’espère qu’il n’y aura pas de demande en mariage …

    @Delphine :

    Je comprends ton point de vue et certains m’ont fait les mêmes remarques concernant son mode de vie un peu particulier, mais tu sais on dépend toujours de quelqu’un. Regardes les prêtres, ils dépendent de la générosité des fidèles de l’église. Beaucoup de gens en France aussi sont dépendants : les étudiants et les bas revenus avec les aides de la CAF et les bourses. La liste serait tellement longue. Certaines femmes dépendent financièrement de leur mari (je sais elle va pas faire plaisir celle-la).

    Le monde est interconnecté et l’on dépend tous les uns des autres mais les remarques les plus virulentes sont dus au fait que la plupart des gens qui travaillent dur ne comprennent comment d’autres personnes peuvent travailler moins. Supposes que je sois « rentier » (par héritage) et que je ne travaille pas, que penserais tu ?

    Autre chose, il y a aussi la jalousie et comme la plupart des gens ne sont pas heureux dans leur travail et ont des conditions de vie (transport par exemple) difficiles, ils ont tendance à être très durs avec les gens qui ne travaillent pas. Je les comprends mais dans ce cas, ils sont juste aigris par leurs propres modes de vie.

    Si je donne le gite et le couvert à quelqu’un qui m’apporte des conseils et du bonheur j’y trouve mon compte également.

  • Delphine 17 novembre 2011, 10 10 44 114411

    Bonjour Gilles,

    Je suis OK sur le principe de l’interdépendance. Seulement, dans notre système économique actuel, l’indépendance financière est le plus souvent indissociable du travail rémunéré (en dehors du cas des rentiers -mais même eux ont forcément eu à se retrousser les manches un jour ou l’autre :-)).
    Accepter de dépendre financièrement d’autrui (c’est en effet le cas pour les femmes qui dépendent financièrement de leurs conjoints), c’est quelque part renoncer à sa liberté individuelle…Et cela même si les 2 partis peuvent y trouver leur compte. Personnellement, en tant que mère de 3 jeunes enfants, j’adorerais rester tranquillement à la maison mais cette solution est dangereuse à moyen terme. Comment je ferai vivre mes enfants si je me sépare de mon conjoint ou s’il perd son emploi ? Comment puis-je décider de ma vie et financer mes passions si je n’ai pas de ressources financières ? Comment inciter mes enfants à aller vers l’autonomie si moi-même je ne suis pas autonome financièrement ?
    Je travaille depuis l’âge de 17 ans, j’ai expérimenté différentes facettes de la pénibilité du travail (précarité, horaires élastiques, temps de transport interminable…), jamais je n’ai pensé que la solution pour améliorer mes conditions de vie serait de cesser de travailler, juste de changer d’emploi et de cheminer vers un travail qui me convienne (quitte à accepter temporairement un travail peu intéressant pour financer d’autres projets plus enthousiasmants) . J’aime beaucoup la citation de confucius « choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie »
    Bonne journée.

  • Yann 17 novembre 2011, 19 07 30 113011

    Bon….. J’ai lu avec attention tous les commentaires dont certains me prêtent à sourire…. C’est toujours mieux que de pleurer. J’ai quand même une petite pensée somme toute sympathique pour Delphine et sa fameuse citation de Confucius. Je suis d’origine vietnamienne et Confucius est un peu le père de l’âme du Vietnam. Il a dit beaucoup de choses……. maximes de toute sorte….. mais surtout 551 ans avant JC, il a fondé sa philosophie sur « le libre arbitre », repris 2000 ans plus tard par Descartes.
    Il est important de comprendre cette notion, ce choix de prendre ce chemin plutôt qu’un notre…. une direction ou un mouvement vers la vie qu’on doit prendre en notre âme et conscience et ce, quelle que soit sa condition…., la liberté se gagne….. Elle n’est pas acquise et tous ceux qui ont cette impression parce qu’ils ont un travail, un toit, une famille, des enfants de vivre libre…. c’est réduire cette liberté comme une peau de chagrin.

    Linoa est sur cette voie…… Une jeune femme qui mord la vie à pleines dents et qui recherche cette liberté comme le saint Graal. Elle ne dépend de personne. Bien au contraire, elle avance en prenant la main de chacun et lui montre surtout le chemin du tout est possible « ne pas avoir peur de l’autre » et pour ça, elle va à sa rencontre tout simplement. Alors Delphine si tu penses que c’est simple, tu ne devrais pas avoir peur de te retrouver seul avec tes enfants….. Je pense que Linoa saurait très bien s’en occuper.

    Quant à l’interview de Linoa, je trouve qu’il est assez rare pour le souligner que cette jeune femme de 28 ans développe autant de maturité dans son approche du monde et de la conscience qu’elle en a. Je sais par expérience personnelle, ayant moi même vécu à la rue pendant une dizaine d’années, que cette vie là n’est un sacerdoce pour personne et qu’il laisse des traces souvent indélébiles. Son apaisement me plaît…. et son blog ne laisse pas indifférent….. Hâte de lire son Roman…. et peut-être un jour la rencontrer.

    Bonne soirée à tous

  • Linoa Lamour 18 novembre 2011, 12 12 42 114211

    @Martin : Pour répondre à tes questions, je blogue comme je peux ; dans un cyber café, chez ceux qui me reçoivent,… Je n’ai pas de règles, je suis le courant…
    Pour l’histoire de mariage, la réponse est ici : http://sdfsansdormirdehors.hautetfort.com/archive/2011/05/13/souriez-vous-etes-marie.html

    @Delphine : Tu te poses beaucoup de questions qui te paraissent insurmontables car jamais vécues mais si la situation se présentait sous quelque forme que ce soit, tu trouverais la solution d’une parce que tu n’aurais pas le choix, de deux, parce que le cerveau est très bien fait et qu’il sait anticiper quand on le sollicite dans ce sens. C’est juste que nous avons tendance à l’oublier quand le quotidien se veut routinier…
    Bien évidemment, je ne te souhaite rien de tel (bien au contraire si ton choix de vie te convient et te rend pleinement heureuse ainsi) mais garde simplement à l’esprit que rien n’est acquis dans la vie et que tout peut basculer en quart de seconde. C’est un fait indéniable. Ainsi, le mieux est de garder confiance en permanence et de ne regarder la vie que du bon côté, même si cela peut paraître compliqué quand on n’est pas habitué à le faire régulièrement. Le reste vient tout seul. Un sourire.

    @Yann : Voilà une personne (et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’un esprit oriental, eh eh ! A méditer…) qui comprend ma démarche. C’est avec grand plaisir qu’une rencontre peut être envisageable. Ta pensée m’intéresse… 🙂

    @Gilles : Ta remarque sur l’interconnexion du monde est très pertinente. Il est vrai que nous partageons la même planète après tout… Et que malgré ce qu’on veut nous fourrer bêtement dans la tête, personne – je dis bien personne – ne peut vivre seul. Ne serait-ce que pour se nourrir, échanger, s’accomplir, se reproduire,… Les films « I’m a legend » ou « 28 jours plus tard » par exemple, illustrent bien cette question.

    Enfin, pour ceux qui désirent vraiment me rencontrer, le plus simple est de me contacter via mon blog comme l’a brillamment fait Gilles auparavant.
    C’est marrant de voir que cet entretien continue à faire couler de l’encre au fil des mois. Cette non indifférence me plaît.

    Plein de sourires et de bonheurs à vous pour cette fin d’année qui approche à grands pas. Excellente journée à toutes et à tous !

  • Delphine 18 novembre 2011, 13 01 02 110211

    Bonjour Yann,

    Merci pour ton sympathique commentaire. Evidemment, la liberté se gagne et je ne sais que trop que rien n’est jamais acquis. J’ai changé si souvent de lieu d’habitation, de mode de vie, d’emploi (je dois avoir exercé au moins 7 métiers différents 🙂 et je ne compte pas m’arrêter là :-)) que je sais que la permanence est une illusion. Je ne redoute ni de perdre mon travail, ni mon appartement, ni ma vie maritale. Quant à mes enfants, je sais bien que je ne les perdrai pas (rien, pas même l’éloignement géographique ne peut altérer le lien entre un enfant et sa mère :-)).
    Tout est possible en effet, tu prêches une convaincue ! Ainsi, Linoa peut devenir une auteure de roman reconnue, faire carrière dans le cinéma…en tout cas, je n’en serai pas surprise ! Je n’ai pas peur de l’autre non plus (dernièrement, j’ai fait pas mal de belle rencontres :-)) même si le fait d’être mère modère un peu mon goût de l’aventure. J’ai ce fond de pragmatisme qui m’incite à vouloir faire mon possible pour conserver un toit (même un simple studio) et une source de revenu régulière (d’où ma volonté de diversifier mes sources même si je commence à vraiment être limitée par le temps…). Mes seules vraies peurs sont liées à la maladie et à la mort (peur de ne pas vivre assez longtemps pour accomplir mes différents projets).
    Bonne fin de journée !

  • Delphine 18 novembre 2011, 14 02 25 112511

    @Linoa, je pense que nous ne sommes pas si éloignées dans notre manière de concevoir la vie.
    Jusqu’ici, j’ai surtout vécu au jour le jour (ce qui explique en partie mon instabilité professionnelle et l’impossibilité d’élaborer un plan de carrière), me laissant porter par le courant de la vie et privilègiant l’affectif dans mes choix. Mais je suis en train de changer et je commence à vouloir me fixer des objectifs 🙂 et faire des plans sur 6 mois (la visibilité maxi pour moi).
    Ma peur de la dépendance économique vient de mon histoire familiale, des épreuves de l’enfance et de l’adolescence…j’admets que cela peut fausser un peu mon jugement et atténuer mon objectivité mais tu as raison, rien n’est insurmontable !
    Mon travail ne me rend pas pleinement heureuse (mais les relations avec mes collègues sont bonnes et j’ai du temps pour réfléchir:-)) c’est juste une source de revenu sur laquelle je peux compter avant d’arriver à vivre entièrement d’une activité qui nourrisse mon intellect et mon âme.
    La routine est une notion qui m’est étrangère, je n’ai jamais eu le sentiment de m’être installée (ni dans ma vie perso ni au travail), je sais que je peux tout perdre du jour au lendemain mais cela ne m’inquiète pas. J’ai confiance en la vie et en ma capacité à m’adapter au changement et suffisament d’audace (de naïveté ?) pour surmonter l’insurmontable 🙂
    « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait » écrivait Mark Twain 🙂

    Excellente semaine à toi Linoa et à tous.

  • benoit 28 décembre 2011, 14 02 38 123812

    bonjour,

    je me fais l’economie d’aller sur ton blog avant de poster ici, désolé mais j’irai après.
    il est vrai que beaucoup de choses dans la vie ne tiennent qu’a un fil, d’où notre desir inconscient de vouloir s’attacher et nouer la corde (pour mieux nous pendre?)
    tu dis que tant qu’on a la santé rien n’est insurmontable mais justement quand on l’a pas … ?
    bien il y a toujours des solutions mais elles sont souvent precaires et apres tout, nous le sommes tous en precarité, la vie est ainsi faite mais a des echelles differentes.
    le choix d’une vie nomade me correspondrait bien si je n’etait pas si dependant d’un mode de vie si contemporain mais aussi de mon etat de santé.
    nous cedons tous a une facilité qui te parait compliqué et reciproquement, qui donc a la vie la plus simple… en tout cas la plus saine semble la tienne, une vie sociale bien remplie, du travail a ta convenance ou presque, des lieux differents et comme dit plus haut, au contraire, tu ne vis pas de la generosité des autres, puisque eux meme profitent de toi a leur maniere (te voir, te parler, le sentiment d’etre utile….)
    beau choix de vie et si eloigné de ce qu’est la vie moderne, je suis surpris ou du moins je ne serai pas surpris que bcp aient choisi cette meme vie. ca me fait penser a francis lalanne qui clame aussi ce choix (est ce vrai ou pas peu importe il existe )
    bonne route a toi

  • Delphine 29 décembre 2011, 12 12 29 122912

    Bonjour Benoît,

    N’étant véritablement attachée à rien de matériel, à moi aussi, une vie nomade me conviendrait (j’y viendrai certainement quand mes enfants seront adultes), à condition d’avoir mon indépendance financière !
    Pour le reste, ce que tu soulignes est important : une vie sociale bien remplie, du travail à sa convenance, ce sont des éléments qui procèdent d’une vie réussie !

    Tous mes voeux de bonheur, de santé, de réussite dans vos projets à Linoa, Benoît, Gilles et tous les autres 🙂

  • zaoline 13 février 2012, 16 04 58 02582

    Je suis estomaquée, WAW! Je ne sais pas comment fais Linoa. La situation de SDF me rebute carrément et me faite GRAVE peur. Je ne suis pas dans la situation la plus facile, moralement c’est le gouffre mais je profite d’une sécurité/situation minimum (même si c’est quand même galère). Et j’admire! J’avoue ne pas savoir comment je pourrais avoir cette force, volonté de vivre sans au moins un logement fixe. J’aimerais que sa bonne santé de vivre me soit transférée dans le cerveau comme un dossier d’un ordinateur à un autre. A la la… Si je pouvais faire pareil, mais cela n’est-il pas une question de se sentir en sécurité à l’intérieur de soi quoi qu’il arrive? Personnellement je n’ai PAS (ou presque) de sentiment de sécurité intérieure et malheureusement à part des dires vagues sur comment on l’acquiert il n’y a pas vraiment de formule miracle, de chemin dit à suivre, de connaissances approfondies sur le sujet qui explique la recette en détail. Cela reste à expérimenter. L’idée étant d’avancer dans sa vie en tentant tel ou tel choses (comme différents ingrédients) permettant de découvrir ce qu’il marche avec soi (on est pas tous taillé dans le même moule), pour espérer la ressentir un jour, cette impression sereine de croire en soi. C’est peut-être une histoire de s’affranchir du regard des autres. Selon un de mes frères : nous avons nos propres cons et nous sommes les propres cons d’autres. Personnellement je suis esclave de savoir ce que peuvent penser les autres de moi… J’en prends conscience et je prends le pas de ne plus l’être.

  • Damien from Raccourci minimaliste 29 février 2012, 4 04 22 02222

    Linoa, ta vie est un exemple très instructif, enrichissant et provoquant (dans le bon sens du terme).

    J’en suis tout chamboulé… moi qui me suis souvent également demandé si je pouvais vivre SDF, non pas que je sois endetté, mais pour vivre avec le minimum de mes revenus, en vue d’atteindre l’indépendance financière.

    Tu nous prouves que c’est faisable, et que l’on peut arpenter ce chemin avec le sourire. Evidemment, ce ne doit pas être facile tous les jours… mais le courage que tu as du développer alors doit être impressionnant, remarquable.

    Encore merci pour tout, je vais rattraper mon retard et lire tes articles plus anciens sur ton blog.

    Bonne continuation à toi, et puisse la vie te sourire. 🙂

  • Linoa Lamour 2 mars 2012, 14 02 20 03203

    @ Benoît : Tu fais une remarque pertinente en abordant celui de la santé. Faire une généralité serait une erreur monumentale car personne n’est égal ni physiquement, ni psychologiquement, ni dans la maladie si c’est le cas. En revanche, pour côtoyer des gens de tout horizon et de tout milieu, j’ai souvent (pour ne pas dire régulièrement…) été impressionnée par l’aura apaisante et l’incroyable énergie que pouvaient dégager des personnes « infirmes » (peu importe la gravité de la situation et je parle en connaissance de cause), là où des individus en parfaite santé semblent aigri, sans vie et finalement plus « atteints » qu’ils ne le paraissent. Y a-t-il une logique dans tout cela ? Oui. C’est le sens et la prise de conscience du souffle qu’on veut donner à sa vie. Il existe pléthore de manières de se surpasser depuis n’importe quel niveau. Il suffit juste d’oser quand c’est possible. Bien entendu, nous avons tous des limites… Cependant, je reste convaincue qu’elles sont toutes bien en dessus du potentiel qui sommeille en chacun. Ton message ici en est déjà une preuve probante et je t’en remercie. Je te souhaite de te surpasser et de t’étonner positivement. Bien à toi 😉

    @Delphine : Merci pour tes voeux. Je n’ai pas de date particulière pour souhaiter du bonheur à une personne mais comme la journée de Femme approche à grands pas (le hasard fait bien les choses, eh eh !), j’ai tout naturellement pensé à toi et te souhaite un accomplissement total pour cette année où nous avons eu un jour de plus tout récemment.

    @Zaoline : Tu as tout dit en mettant le doigt sur tes « peurs » ou faiblesses éventuelles. Parfois, parler de ces choses-là autour de soi peut nous aider à trouver des réponses ou à nous élever davantage. Une claque à conscience, ça fait tellement de bien finalement ! Par contre, il faut pas oublier de se tenir à ses nouvelles résolutions prises hun 😉

    @Damien : Un sourire en lisant ton message. Ca te rassurerait si je te disais que ce n’est pas facile tous les jours ? Hélas, la réponse est négative ! Figure-toi que depuis que j’ai exposé mon mode de vie au grand jour (sur la toile depuis un an maintenant), je ris aux éclats au moins un fois par jour ! Le secret ? Bien s’entourer et apprendre à rire de tout (même l’impensable. Oui oui, crois-moi) quelle que soit la situation dans laquelle tu te trouves. Ainsi, personne ou rien n’a de prise sur toi et ça, c’est une grande liberté et un immense bien pour l’esprit. « Puisse la vie me sourire ? » mais elle me sourit même quand ce n’est pas le cas. C’est juste MOI qui autrefois refusais de le voir, c’est tout ! Laisse-moi te raconter un conte que j’ai emprunté quelque part sur la toile mais tellement VRAI :

    « Une veille femme s’approche de Merlin et lui dit :
    « Je n’aime pas la vie. La vie est méchante ! ».

    Merlin lui répond :
    « Vas au sommet de la montagne et crie, le plus fort
    possible, « La vie est méchante, la vie est méchante ! »
    sans t’arrêter pendant une bonne heure ».

    La femme s’exécute et s’aperçoit qu’après ce temps
    d’exutoire, elle entend l’écho qui lui renvoie :
    « La vie aime et chante, la vie aime et chante… ». »

    A méditer… Merci pour ta remarque qui m’a évoqué cette merveilleuse histoire.

    Je vous souhaite à tous un excellent week-end avec du soleil qui revient tout doucement, beaucoup d’amour et de chanson (c’est aussi la philosophie du film « August Rush » que je recommande vivement à ceux qui ne l’ont pas vu) et du bonheur, rien que du bonheur à vous…

    PS : Une bise toute particulière à Gilles qui est une personne que j’estime énormément et qui a créé un blog vraiment génial 😉

  • zenie 15 mars 2012, 10 10 32 03323

    Bonjour Gilles, merci pour cet article, j’adore son état d’esprit, elle fait vraiment du bien quand elle parle.

    Encore merci pour cette interview, je me suis régalée !

    zenie

  • papy 23 octobre 2012, 0 12 34 103410

    Je suis heureux de vous écrire dans cette page de commentaire depuis que j’ai découvert que votre blog est la source de mon inspiration pour mon blog « compteurvie » qui est encore en projet merci bonne réussite dans tous.

  • Etienne 26 novembre 2012, 18 06 58 115811

    Quelle force dans le caractère de Linoa ! J’avoue que tu avais raison d’en parler comme d’une ovni, Gilles. En effet, choisir soi-même de vivre SDF et positiver comme elle le fait n’est pas courant, mais sort totalement du mode courant de vie, dans cette société de consommation. Mais peut-être le contexte européen lui facilite-t-il la vie dans ce choix. Moi j’aimerait bien l’imiter, prendre la vie comme elle arrive, me laisser emporter par le courant de la vie, vivre une vie de dépouillement, tourner le dos à tout ce qui est matériel, mais est-ce possible dans notre Africains au Sud du Sahara, où la misère est rampante ? Qui m’accepterait chez lui ? Avec quel moyen ? Et si on m’acceptait, ferait-on de même pour ma femme et pour mes enfants ? Non, il n’est pas possible, je crois, dans notre contexte d’être SDF sans dormir dehors ! Par conséquent, notre priorité réside dans la recherche effrénée de l’indépendance financière, ce qui équivaut exactement à tourner le dos – momentanément tout au moins – à la doctrine prônée ici par Linoa. En tout cas, je n’ai pas perdu mon temps en lisant cette interview plein de richesse dans l’autre façon de voir les choses ! Avec ton blog, je crois, je suis au bon endroit pour apprendre. Merci à toi.
    Etienne

  • Aïcha 22 janvier 2013, 3 03 28 01281

    Excellente leçon pour nous tous.
    Il y a autant de définition du bonheur qu’il y a d’individus Linoa Lamour le prouve.
    Cette façon de positiver et d’aller de l’avant dans des situations où beaucoup auraient perdu espoir force l’admiration.
    Une femme forte.
    Une femme tout simplement.

  • Aurélie 3 septembre 2014, 9 09 49 09499

    Je découvre cet article et… il ne me passionne pas du tout!
    Franchement, écrire « J’ai des dettes s’élevant à un nombre composé de cinq chiffres et j’ai le sourire aux lèvres » alors que des millions de français galèrent chaque jour pour joindre les 2 bouts, ça me choque. Non les dettes ne sont pas « relatives ». On gagne une certaine somme et on se restreint pour ne pas dépenser plus. Ce n’est pas une règle, une loi, c’est juste du bon sens. Quel est l’intérêt et la fierté d’avoir des dettes à 5 chiffres?!
    Après, c’est tout à l’honneur de Linoa d’avoir fait un choix de vie différent et de l’assumer. On ne peut qu’admirer cet aspect de la personnalité.

  • Linoa Lamour 10 septembre 2014, 18 06 11 09119

    Aurélie,

    « Ce n’est pas parce que je suis endettée aujourd’hui que je le serai éternellement. »… J’ai écrit cette phrase aussi, eh eh ! Dommage que tu sois persuadée d’une idée reçue sur le fait qu’une dette ne soit pas relative… Car d’un pays à l’autre, tout devient relatif et d’autant plus pour la valeur des choses… Une bouteille d’eau minérale qui vaut 0.50€ en France peut valoir 5€ en Afrique… Tout comme une information qui peut se donner gratuitement quelque part mais qui peut valoir des millions d’euros ailleurs… La valeur de l’argent (puisque qu’on parle de dette financière ici) est une perception qui peut être pragmatique ou stratégique… Et dans les 2 cas, c’est du bon sens ! A croire que tu n’as pas visionné « l’argent-dette » : http://vimeo.com/1711304 où c’est pourtant très bien expliqué… Soit. C’est ton point vue et je l’entends. Et tant que tu respectes celui des autres bien qu’il diffère du tien, le débat reste ouvert. Puisse du moins ta pensée te rendre heureuse 🙂

    Linoa

  • Aurélie 15 septembre 2014, 13 01 00 09009

    Je ne critique pas ton mode de vie, il t’appartient et qui serais-je pour te juger.
    Je m’abstiens de tout autre commentaire car on pourrait en discuter des heures et là n’est pas le point 😉
    Bonne continuation

  • Pierre 12 mai 2015, 0 12 19 05195

    Fière d’être « une » parasite qui profite de la générosité des gens. Lamentable.

    • Linoa Lamour 25 mai 2015, 12 12 26 05265

      Pierre,

      Quelle douce attention que votre qualification à mon égard, eh eh ! Je ne trouve pas qu’il soit lamentable d’avoir opté pour un mode de vie CHOISI et non SUBI. J’accepte toutefois les remarques constructives quand elles restent aussi décentes que sont les miennes. Personne n’est parfait… Paix à votre âme et à vos éventuelles frustrations en manière de notion de générosité, qui je vous le souhaite, se régleront avec le temps dans un parcours de vie qui vous sera idéal 🙂

      Linoa

      • Gilles (Objectifs Liberté) 6 juin 2015, 17 05 38 06386

        Si on oublie l’aspect moral des choses, on ne peut pas parler de parasitisme car quelqu’un qui vit des aides de l’état ou des autres de façon modeste va réinjecter ce qu’on lui donne dans notre économie (consommation) car il n’a pas les moyens de thésauriser. Il participe donc activement au fonctionnement de notre société de consommation.

  • Julie 21 mai 2015, 18 06 34 05345

    Bien que je ne sois pas d’accord sur certains aspects de votre mode de vie, je dois dire que j’admire votre courage. Peu de gens arriveraient comme vous à garder le sourire dans votre situation dans un monde où tout tourne sur le matériel, je n’imagine même pas ce que c’est de vivre avec 20€ par semaine et pourtant vous le vivez bien. Comme quoi tout est relatif et que l’on est au fond du gouffre que si on l’accepte lorsque les gens le disent. En tout cas, vous êtes un bon modèle de courage et je ne peux que vous souhaiter le meilleur pour la suite.

    • Linoa Lamour 25 mai 2015, 12 12 37 05375

      Julie,

      Merci pour votre commentaire avec votre point de vue. Je suis par ailleurs en train d’accomplir ce rare exploit de créer ma propre société tout en étant toujours SDF… Comme quoi, tout est possible 🙂
      Je vous souhaite également que de belles surprises dans vos avancements !

      Linoa

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