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Protéger son portefeuille d’actions

La bourse connait bien souvent des mouvements violents. L’épargnant moyen, sous l’effet de la peur, peut donc être amené à liquider son portefeuille. Ce n’est jamais une bonne solution pour plusieurs raisons :

  • Les actions sont un bon moyen de s’enrichir à long terme, à condition d’appliquer une stratégie limitant les risques. Il est donc dommage en cas de panique de tout mettre sur le livret A (qui rapporte moins que l’inflation réelle).
  • Acheter au plus haut et vendre au plus bas est une erreur fréquente chez les petits porteurs, qui sont prompts à s’emballer ou à paniquer. Pourtant vendre pour acheter 1 an plus tard 30% plus haut, c’est un peu benêt.
  • Vendre entraine des frais d’ordre de bourse non négligeables. Si on se lance dans une frénésie d’achat/vente, on a vite fait de faire tourner le compteur des frais et seule la banque s’enrichit (un peu comme au casino).
  • Les grandes sociétés versent chaque année des dividendes. Ces dividendes réinvestis (en actions) sur plusieurs années vont grandement améliorer la performance du portefeuille.

Bref vous l’aurez compris, je suis un partisan de la règle « Acheter et garder longtemps », car en bourse personne ne sait ce qui va se produire à court terme. Par contre, avec la démographie croissante et les nouveaux enjeux pour notre planète, les sociétés les plus visionnaires et les leaders vont continuer de croitre. Le problème de l’investisseur en bourse cependant, résulte des soubresauts très violents des cours.

Pourtant, il existe une méthode pour protéger son portefeuille boursier sans vendre ses actions. Cette méthode consiste à utiliser des instruments de protection (dit de couverture) pour se protéger d’une baisse possible. Bien entendu si la bourse monte, cela grévera un peu la performance du portefeuille. Mais croyez moi, il vaut mieux gagner moins d’argent que d’en perdre. En bourse le plus gros ennemi, c’est soi-même via la gourmandise.

Gilet de protection

Revenons à ces instruments boursiers. Il s’agit de produits dérivés dont les cours varient dans le sens inverse des cours de la bourse (en prenant un indice comme référence). Ces produits dérivées peuvent être des options, warrants ou trackers. Sans rentrer dans les détails, on peut dire que le seul produit valable pour le particulier est le tracker, car il n’a pas de date limite de validité. Je vais donc vous présenter une simulation avec un tracker pour couvrir votre portefeuille. Ce tracker prend le CAC40 comme indice de référence. Nous supposerons que le portefeuille varie de manière identique au CAC40 (ce sera donc un portefeuille d’actions françaises), l’indice de référence français :

Supposons que l’on possède un portefeuille de 10000 euros que l’on souhaite protéger contre une baisse des cours de bourse. L’astuce consiste à acheter un tracker qui varie dans le sens inverse du CAC40, par exemple le « Lyxor Short CAC40 (code FR0010591362). Le portefeuille de 10000 euros sera couvert par 2000 euros de ce tracker (niveau de couverture raisonnable) et aura donc une valeur de 12000 euros.

Scénario baissier : Baisse de l’indice de 20%

Valeur du portefeuille boursier = 8000 euros (-20%)
Valeur de la couverture tracker =2400 euros (+20%)
Valeur totale du portefeuille = 10400 euros
Performance du portefeuille = (10400 -12000)/12000=-13,3%

On a une réelle protection, puisqu’au lieu d’encaisser un bon -20%, on en prend seulement -13%. L’idée étant, si les cours sont jugés suffisamment bas, de vendre notre instrument de couverture et de racheter des actions « à bas prix ».

Scénario haussier : Hausse de l’indice de 20%

Valeur du portefeuille boursier = 12000 euros (+20%)
Valeur de la couverture tracker =1600 euros (-20%)
Valeur totale du portefeuille = 13600 euros
Performance du portefeuille = (13600 -12000)/12000=+13,3%

Dans le scénario haussier, notre instrument de protection perd de sa valeur et limite la hausse de notre portefeuille, mais c’est le prix de la sécurité !

A noter qu’il existe des trackers pour protéger son portefeuille en utilisant un effet de levier. Le « Lyxor Xbear CAC40 » ou BX4 (code FR0010411884) suit la progression inverse du CAC40 avec un levier 2. Si le CAC40 baisse de 1%, le BX4 monte de 2% (et inversement). Cela permet de couvrir un portefeuille avec un somme moindre (dans notre exemple 1000 euros pour la même couverture du portefeuille boursier). Sachez toutefois que par la nature de ces trackers, et particulièrement pour ceux avec l’effet de levier, ils ont tendance à perdre un peu de leur valeur dans le temps même si l’indice ne bouge pas, donc prudence pour des couvertures long terme. Il vaut mieux couvrir le portefeuille lorsque l’on estime que les cours sont plutôt dans la fourchette haute. Il est à noter que grâce aux astuces de construction de ces produits, il est possible de les utiliser dans un PEA.

Pour résumer, les instruments de couverture que constituent ces trackers sur indice inverse (dit tracker bear) sont un excellent moyen de protection de nos portefeuilles boursiers. Le seul risque est que l’émetteur de ces trackers fassent faillite (en général ce sont des banques), ce qui n’est pas impossible dans le contexte actuel mais peu probable.

{ 7 comments… add one }
  • Guillaume from Komment devenir riche 6 février 2012, 16 04 05 02052

    C’est en effet une manière intelligente de protéger son portefeuille mais assez complexe.
    Une autre peut être de diversifier ses placements dans différents secteurs d’activités et dans différents continents.

  • Retaill and Co. 6 février 2012, 17 05 17 02172

    Je trouve ça pas mal, cette technique protège surtout de la volatilité. Je l’utilise souvent pour prendre mes plus-values sans vendre mes titres.

    Ou sinon ça permet d’être sur un effet contradictoire. En novembre j’achetais du tracker GBS (l’or) je je prennais des trackers Bear CAC40 (BX4) ou LVC suivant mon analyse technique.

    Tu es sur quoi en ce moment? La j’ai repris du Crédit Agricole le mois dernier, je prends le rebond, et je converse un peu mes tracker GBS, je fais des aller / retour.

  • Gilles from Objectifs Liberté 7 février 2012, 20 08 57 02572

    @Guillaume :

    Diversification et protection ne sont pas exactement la même chose.

    @Retaill :

    Tu as du comprendre que je suis pour une approche long terme basée sur la connaissance des sociétés dont tu possèdes les actions. Ceci n’est pas possible si on fait des allers/retours (trading) sur plein de valeurs différentes en fonction d’une opportunité (souvent supposée). Je vais par exemple régulièrement aux assemblées générales de deux valeurs que j’ai en portefeuille; c’est pour dire que je me considère comme un investisseur.

    Mon point de vue, c’est que l’Europe est en crise et que les banques vont avoir quelques soucis. Donc je ne vais pas investir à court, moyen ou long terme sur les établissements bancaires ou les assureurs. Je n’ai donc pas un sou sur le crédit agricole et ça ne risque pas de changer.

    Je ne suis pas un gros fan de l’analyse technique (dont je connais les bases cependant). Jouer avec le BX4 et le LVC, demeure assez risqué car je te rappelle qu’il y a sur ces trackers un effet dit contago qui provoque une baisse de la valeur de ces produits dans le temps. Donc sur un marché plat qui se cherche, c’est une stratégie risquée.

  • Pierre 7 février 2012, 21 09 56 02562

    Si la sélection des actions a été bien faite (Air Liquide, L’Oréal par exemple pour les moins risqués) en tentant d’acheter principalement sur les plus bas annuels, ça évite d’utiliser ce genre de stratégie qui stérilise le rendement.
    Mais comme tu dis, ça permet de se protéger en cas de grosse volatilité.

  • gunday 8 février 2012, 8 08 54 02542

    Je me pose qu’une question : quel est l’intérêt de ce genre de technique?
    Le cours c’est pour faire du trading.
    Étant sur une approche long terme basé sur le rendement, que le cours soit à 1 ou à 50, temps que le dividende tombe, je ne m’en occupe pas.

    Le seul cas où le cours peut m’intéresser est le cas d’achat de nouvelles parts (but d’acheter au plus bas) et de vente de sociétés plus intéressantes au niveau rendement (vente aux plus haut).
    L’un et l’autre ne répondant pas à une exigence de court terme, couvrir mon risque ne m’intéresse pas.

  • isabelle 9 février 2012, 19 07 09 02092

    Trop compliqué pour moi, les trackers et warrants….

    Afin d’améliorer mon vieux PEA moribond,
    et après avoir consulté différents blogs + ton article « portefeuille boursier, 10 actions pour 10 ans »,
    j’ai clarifié ma stratégie :
    – n’avoir que quelques lignes (4 ou 5),
    – tenter d’entrer au plus bas
    – pas de valeurs financières
    – objectif long terme

    J’ai donc acheté :
    – VIVENDI à 16,8 euros à l’automne (trop tôt)
    – VEOLIA à 8,48 euros fin janvier
    – GDF SUEZ aujourd’hui, à 20,5 puis 20,145 euros
    (chute du cours après annonce des résultats ce matin !)

    A suivre…

  • Retaill and Co. 11 février 2012, 8 08 55 02552

    « demeure assez risqué car je te rappelle qu’il y a sur ces trackers un effet dit contago qui provoque une baisse de la valeur de ces produits dans le temps »
    >> Oui c’est pour ça que je suis court terme sur les trackers.

    En tout cas, tu es un investisseur motivé. Je manque de temps pour avoir ton approche sur les valeurs que j’achète (mon portefeuille / patrimoine est plutot axé immobilier).

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