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Penser à soi

Penser à soi est essentiel. On entend souvent ici et là qu’il faut partager, aider les autres avant de penser à soi. C’est bien souvent illogique et hypocrite. En effet pour penser aux autres et les aider, il est préférable d’être dans de bonnes dispositions. Comment bien aider les autres si l’on se sent mal moralement ou financièrement ? J’ai d’ailleurs retenu cette phrase quand j’avais passé mon brevet de secouriste à 18 ans : « Il faut accomplir le PAS (Protéger, Assister, Secourir) ». Le formateur a enchainé « Protéger qui ? D’abord soi ! ».

Dans la vie de tous les jours, cela commence par favoriser ses objectifs personnels pourvu qu’ils ne causent pas de tort à autrui. Le but dans la vie, c’est aussi de s’accomplir (avant c’était juste de survivre et de procréer). Dans le cas contraire, cela s’appelle un sacrifice. Mais penser à soi consiste surtout à :

  • Ne pas mettre en péril sa situation financière pour quelqu’un d’autre. Je vous prends un exemple très simple. Certains se portent caution pour d’autres sans mesurer les conséquences de ce geste qui peut leur générer une dette importante s’ils sont fait confiance à la mauvaise personne.
  • Dans un monde de concurrence, si vous ne pouvez pas vous associer, il faudra de temps en temps vous « battre » contre la concurrence. C’est vrai dans le travail et dans les relations sentimentales.
  • Ne pas aller contre ses valeurs et ses objectifs pour faire plaisir aux autres. Votre conjoint, certains amis vous empêchent de vous réaliser, changer en. « On ne change pas les gens, on les trouve » (Stratégie de prospérité). Cela vaut bien sur pour les entreprises.

Penseur de Rodin

Certains me diront que ma vision est égoïste, je leur réponds que je suis un pragmatique qui pense à lui. De plus je n’aime pas recevoir ce type de leçon car je suis plutôt quelqu’un de généreux (plus généreux que la moyenne selon mon expérience de la vie …), que je donne régulièrement aux associations et que j’ai une activité syndicale. Aider les autres oui, se sacrifier pour eux non. Et il ne faut pas croire tout ce que les gens bien pensant racontent à la machine à café, au comptoir ou à la télévision. Tout le monde il est beau il est gentil devant les autres … Je vous ai déjà raconté une petite anecdote sur la solidarité. Penser à soi, ce n’est pas faire preuve d’égoïsme mais de logique.

Le problème de l’altruisme, c’est qu’il peut être destructeur. On n’a aucune obligation envers les autres, la générosité et la gentillesse sont des démarches personnelles. Si l’on s’impose des obligations envers les autres, on est vite débordé. D’ailleurs vous constatez bien souvent que ceux qui vous entrainent à la générosité ou à la vertu ne le sont pas toujours eux mêmes ou le font dans une démarche intéressée. Par contre, je prône l’entraide, car elle est très efficace.

Si vous surfez sur la toile, vous avez vu tous ces blogs/sites ou l’on veut vous aider (en vendant quelque chose bien sur). Il y a peu de démarche purement altruiste, pas plus que la mienne. Ce blog vous aide mais il m’aide avant tout (voir les raisons qui m’ont poussé à  créer un blog), c’est ainsi.

J’admets une exception à cette règle concernant nos enfants qui sont notre futur, mais la encore un sacrifice peut être contre productif. Les couples qui se sont tués à la tâche pour donner à leur enfants une bonne situation et qui n’ont pour tout remerciement : « Tu ne t’ai pas occupé de moi » …

A mon époque, il y avait cette question rituelle sur la faim dans le monde que l’on s’envoyait au lycée : « Et toi, tu donnerais ta vie pour supprimer la faim dans le monde ?« . Hum, pas sûr. Et vous, vous le feriez ?

{ 5 comments… add one }
  • gunday 25 janvier 2012, 14 02 28 01281

    Comme disait les anciens : « Charité bien ordonnée commence par soi-même »

  • Cecile 25 janvier 2012, 18 06 18 01181

    On a une approche différente : moi j’ai l’impression d’avoir une obligation morale à aider les autres, je le dis tout de suite ! Ça ne veut pas dire aller mettre ma vie en danger pour les autres, ça veut dire que dans la mesure du possible, si j’ai 50 euros qui traînent, je veux tout aussi bien les donner plutôt que de m’acheter un i-pad.
    Depuis que mes finances personnelles sont plus saines, je trouve que c’est beaucoup plus facile de donner. Avant je n’y arrivais pas, maintenant ça fait partie de mon budget. Du coup je pense qu’il faut d’abord s’occuper de soi si on veut avoir la chance de pouvoir s’occuper « des autres ». On ne peut pas sauver quelqu’un qui est entrain de se noyer si on ne sait pas nager soi-même !
    En 2007 quand Sarkozy disait « travailler plus pour gagner plus », je me demandais toujours « pourquoi faire ? ». Aujourd’hui j’ai envie de travailler plus, pour gagner plus, pour partager plus !
    Mais on est d’accord sur un point : ce n’est possible que si on a commencé par soi-même.

  • Rudolf Kiefer 26 janvier 2012, 15 03 15 01151

    Pour moi partager ne veut pas tout simplement dire donner de son capital en s’appauvrissant. Cela peut aussi dire aider les autres, partagez ses connaissances. Ce billet de blog est un partage, un partage ou celui qui donne ne s’appauvrit pas. Par contre, partager, donner en regrettant, ce n’est pas vraiment partager. Partager fait partie du donner et recevoir, parfois sans contre partie. Mais comme on peut le voir sur ce blog, en donnant je récolte de l’attention, des réactions, des avis, des idées. Un tel partage n’appauvrit personne mais peut enrichir chacun.

  • Samira 27 janvier 2012, 0 12 37 01371

    Bonsoir Gilles,
    Non ! Je ne donnerais certainement pas ma vie pour supprimer la faim dans le monde par contre je serais, dans la limite du possible, disponible pour aider mon prochain et je le ferais de bon cœur.
    Tu écris dans ton article « On n’a aucune obligation envers les autres, la générosité et la gentillesse sont des démarches personnelles » C’est aussi mon avis car je me suis maintes fois fait avoir avant de me rendre à l’évidence et de comprendre que nous vivons dans un monde où la majorité des gens ne cherchent que leurs propres intérêts quittes à utiliser les autres comme passerelles où comme garde-fous. Pour ma part j’ai toujours été à l’écoute des autres, j’ai apporté mon aide dès que l’on me sollicitait mais je me rendais compte que j’étais toujours perdante dans l’affaire : toute aide me demandait un effort physique et intellectuel et engendrait une perte de temps et parfois d’argent. Maintenant, j’ai changé de tactique car j’ai été moi aussi confrontée à des situations impossibles et je n’ai trouvé aucun appui, pas même de la part des personnes les plus proches. J’ai décidé alors que je ferais mieux de réfléchir à deux fois avant de me lancer à l’aveuglette ; désormais je n’hésite plus à dire non, à refuser carrément mon aide s’il s’avère que la personne en question ne la mérite pas.
    Je pense aussi que la nature a doté chacun de nous d’un certain nombre de qualités que l’on doit apprendre à gérer et à utiliser à bon escient ; ainsi, pour quelqu’un de réellement généreux, il ne sert à rien de se malmener tout le temps à tors et à travers pour satisfaire les autres et finir comme dindon de la farce. Je ne veux pas paraitre amère, mais je crois qu’il faut savoir trier les situations qui se présentent et faire la part des choses avant de prendre les décisions qui s’imposent.
    A bientôt j’espère et au plaisir de lire tes articles.

  • Gilles from Objectifs Liberté 28 janvier 2012, 16 04 00 01001

    @Gunday :

    Un bon proverbe logique finalement, penser à soi d’abord n’exclut d’ailleurs pas de penser aux autres.

    @Cécile :

    Notre approche n’est pas si différente (elle me semble même plutôt identique), car j’aime faire le bien autour de moi si je peux mais par contre je vais mettre des priorités. Bien entendu si on a plus de temps et/ou d’argent il est plus facile d’aider les autres comme tu le soulignes.

    @Rudolph :

    Partager, c’est la base de l’humanité. Ah Rudolph, tu es un philosophe !

    @Samira :

    Je comprends ton point de vue. J’ai croisé des gens qui aimaient bien aider les autres (pas tant que ça je te rassure) et force est de constater qu’en aidant tout le monde ils s’épuisent. Je prône donc une certaine sélectivité lorsque l’on est généreux. En gros, il faut aider ceux qui le « méritent ». Ceux qui le méritent, ce sont ceux qui se rendent compte que notre aide a une valeur, éventuellement s’ils le peuvent vont faire la même chose, et qui savent dire merci (pas forcément oralement mais cela se ressent). Tu ne me parais pas amère, c’est juste un retour de ton expérience.

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