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Les leçons à tirer de l’ouragan Katrina

Le 29 Août 2005, l’ouragan Katrina touche les côtes de la Nouvelle Orléans. Les vents ont été d’une violence inouïe (plus de 250 km/heure). La Louisiane et sa principale ville la Nouvelle Orléans sont sévèrement touchées.

Le principal problème de la Nouvelle Orléans, c’est que certains secteurs de la ville sont sous le niveau de la mer et lorsque l’ouragan fait céder les digues qui la protègent, la ville se retrouve totalement inondée avec les conséquences que vous pouvez imaginer.

Il est intéressant d’étudier ce désastre car on peut en tirer quelques leçons qui peuvent nous servir en cas de catastrophe naturel, et nous n’en sommes pas à l’abri. Pour commencer le problème survenu avec Katrina était prévisible et avait été envisagé par les autorités. Mais faute de budget, certaines mesures pour protéger la ville n’avait pas été prises. Certes les USA sont le pays le plus riche du monde, mais à force d’aller faire la guerre partout dans le monde pour trouver du pétrole (pardon pour aider les autres et chasser les terroristes …), les caisses deviennent vite vides. Et ensuite tout est question de priorité. La Nouvelle Orléans n’était sans doute pas la priorité des autorités.

L’état ne peut pas (ou ne veut pas) traiter tous les problèmes et d’ailleurs ne les anticipe souvent pas. On ne peut pas compter à 100% sur le gouvernement de notre pays pour régler les problèmes de sécurité (au sens large). Je sais, ce n’est pas facile à admettre car nous payons beaucoup d’impôts, mais être conscient de cette réalité est important …

Dans ce contexte, il n’est pas inutile de se tenir informé des dangers liés à l’environnement dans lequel nous vivons ou souhaitons vivre. Sachez d’ailleurs qu’en France, le premier risque naturel est le risque d’inondation; de nombreuses zones habités sont inondables (voir les inondations survenues dans le Sud). Vous avez aussi les nuisances incroyables posées par certaines décharges publiques et les risques près de certains installations industrielles. Pour ceux qui me trouve un peu pessimiste (le réalisme ce n’est pas du pessimisme), je vous encourage à vous renseigner par exemple sur l’accident incroyable dans l’usine AZF à Toulouse. Pour commencer, il est préférable de vivre loin des zones à risque. Il faut donc clairement évaluer la dangerosité sous toutes ses formes de l’endroit où l’on prévoit d’habiter (climat, installation industrielle, insécurité, …).

Ouragan Katrina

Mais revenons à Katrina et à la Nouvelle Orléans sous les flots. En situation de crise, on s’attend quand même à ce que l’état nous vienne un peu en aide. Et en ce cas précis, les choses ont tourné au vinaigre. La ville était sous les eaux et les secours totalement désorganisés. On estime à un tiers les membres des forces de l’ordre ayant fui la ville. Comment les en blâmer, c’est humain ? Vous avez une famille à sauver avant tout et votre vie aussi. On n’est pas dans les films où le héros se sacrifier pour le bien commun en laissant sa famille derrière lui. En situation de crise inhabituelle, les secours risquent d’être absents ou peu opérationnels dans les premières heures ou les premiers jours.

C’est la qu’intervient un minimum de préparation. L’armée, la seule à avoir les moyens en terme d’hommes et d’équipements n’est venu que 5 jours après les inondations. Entre-temps des gens sont morts oubliés, des supermarchés ont été pillés (pour se nourrir, bien qu’il n’y a pas que la nourriture qui ait été volée). Mais si vous êtes pris dans ce genre d’événement que faire ? Avez vous un sac à dos avec un minimum d’équipement et suffisamment de nourriture également? Cela parait stupide mais certaines personnes n’ont pas beaucoup de réserves chez elle, en particulier l’eau que l’on boit souvent au robinet ou en la filtrant. En l’absence d’eau potable, si l’eau qui vous entoure est imbuvable (cas de La Nouvelle Orléans), une mort probable vous attend en 2/4 jours. Face à une catastrophe, il faut une petite préparation en amont et prévoir un plan de secours avec un équipement de base, de l’eau et un peu de vivres car les secours ne viendront pas forcement rapidement.

La lenteur des secours a été incroyable et elle a sans aucun doute causé des morts supplémentaires (victimes du manque de secours et non de l’ouragan lui-même). Au total près d’un million de personnes seront déplacés et on comptera moins de 2000 morts bien que le nombre soit invérifiable avec ceux que l’on considère comme disparus. En même temps pour les autorités locales difficile de faire mieux dans une ville où plus rien ne fonctionnait et tous les fusibles hors service: télécommunications, électricité, gaz, eau, hôpitaux (en mode dégradé). A la fin, on réunira tout le monde dans un stade pour centraliser les secours mais encore faut-il atteindre le stade ou que les secours viennent vous chercher (sur votre toit en l’occurrence) …

Ce type de catastrophe montre à quel point nous sommes faible face à la nature par exemple, mais surtout qu’en cas de catastrophe, notre manque de préparation peut nous tuer.

C’est idiot mais on devrait s’imaginer dans une telle situation pour pouvoir tenir au moins 3 jours (le temps que les secours arrivent). Aux USA, il est commun d’avoir ce qu’on appelle un BOG (« Bug Out Bag »), c’est-à-dire un sac contenant le strict nécessaire pour tenir 3 jours en cas de désastre si l’on doit quitter sa maison ou son appartement. Je pense que peu d’entre vous en ont un.

Bref vous le voyez, peu d’entre nous sont préparés à une catastrophe de grande ampleur (même de faible ampleur !) bien que des mesures simples soit facile à mettre en œuvre. Je vous rappelle quand même que la liberté c’est bien, surtout quand vous êtes vivant.

Pour finir admettons aussi que la bêtise de certains hommes entrainent la mort de nombreux autres (zone inondable mais constructible, incidents nucléaires, virus, guerres, violences volontaires, …). Restons optimiste mais préparé pour affronter certains événements. Prendre conscience du danger, c’est la première étape ! Malheureusement Katrina fut un désastre; mais plus proche de nous dans le temps, le tsunami au Japon et l’incident sur la centrale nucléaire fukushima montre que le danger est réel (un peu moins de 25000 morts et disparus quand même sans compter les morts futurs dus aux radiations). Sans compter le tsunami de 2004 en Asie du Sud Est qui sera une catastrophe sans précédent du monde moderne (estimation de 220000 morts).

La sécurité n’est pas quelque chose à négliger. Au passage je fais un peu de publicité pour l’excellent guide de mon ami blogueur Fabrice sur la sécurité en voyage qui peut aussi vous donner des idées d’équipement. Mais je reviendrais sur ce thème de la sécurité et de la survie qui est à la fois pertinent et passionnant.

{ 5 comments… add one }
  • Zakari 16 juillet 2012, 8 08 12 07127

    Bonjour,
    Aux Etat unis on les appelles aussi les « preppers » Il y a même une série nommé Doomsday Preppers. Ces derniers se préparent à une catastrophe naturelle, un effondrement économique ,une guerre ou tout à la fois.

  • Alexandre 17 juillet 2012, 13 01 25 07257

    Je pense que les gens ne se préparent pas à ce genre d’événements en France car on n’est pas vraiment habitués aux catastrophes naturelles que vivent régulièrement les Américains par exemple. Mais je suis d’accord qu’il vaut mieux envisager le pire dans ce domaine et avoir des réserves pour survivre quelques jours chez soi.

  • FredB 18 juillet 2012, 11 11 40 07407

    Katrina a été un cas extrême. Tout d’abord parce que Bush n’a pas investi dans les digues. Certaines ont lâché avec les conséquences que l’on sait.

    Dans ce cas, la survie est difficile même lorsqu’on est préparé. Car l’état a abandonné les gens (pauvres et noirs). Il faut plus que quelques bouteilles d’eau dans ce cas. Les gens se sont débrouillés par le pillage notamment.

    Pour ma part, je pense à une histoire qui a eu lieu en 1988. Pauline Lafond s’était tuée lors d’une randonnée solitaire. Malheureusement pour elle, elle s’est tuée sur le coup à après une chute de dix mètres. La randonnée en montagne est souvent pris à la légère par les randonneurs du dimanche : équipement mal adaptés, difficultés en décalage avec les possibilités physiques réelles de la personne, etc.
    Selon moi quand on fait une randonnée dans un site avec peu de passage, il faut prendre des précautions. Dans ce cas, il faut prévoir la tuile : un bonne entorse ou une fracture. Car les secours ne viennent pas immédiatement mais après une période plus ou moins longue. Il faut prévoir de pouvoir passer la nuit à la belle étoile (et donc se protéger du froid), avoir de quoi se nourir et de quoi boire pour 48 h.
    Ce sont des cas concrets que beaucoup de gens peuvent avoir à affronter .
    Personnellement j’ai fait une randonnée de 8 jours (180 km) dans le massif du Mont Blanc. J’ai pu rapidement comprendre qu’on peut très rapidement se retrouver dans ce genre de situation.

  • Gilles from Objectifs Liberté 21 juillet 2012, 9 09 51 07517

    @Zakari :

    Il y a pas mal de « survivalistes » aux états-unis qui se préparent à des événements graves pour pouvoir tenir. On y croit ou on y croit pas mais force est de constater que si vous êtes préparés au pire, c’est pas mal quand même en cas de catastrophe comme celle-ci. Dans le cas de cet ouragan, des mesures simples peuvent permettre à des gens de s’en sortir : stocker une semaine d’eau et de nourriture, être informé (pour quitter la zone avant ou attendre les secours), s’organiser avec vos voisins, …

    @Alexandre :

    Oui comme pour ma remarque précédente, il faut être prêt à affronter un événement de 2/3 jours sans secours. En France le territoire est beaucoup plus petit et les conditions climatiques plus clémentes, mais savoir que l’on a la capacité d’attendre les secours dans des conditions difficiles est rassurant.

    @Frédéric :

    Les USA ont fait des choix et il semble que la protection de la ville n’est pas été une priorité. La polémique sur les pauvres je ne m’y lancerais pas car on est à 10000 km de là et on a pas tout les éléments pour répondre.

    Beaucoup de gens n’ont pas conscience du danger et si tu les préviens ils te disent que tu as peur pour rien, qu’il faut savoir vivre et prendre des risques . Prendre des risques n’est pas un problème dans certaines conditions si on les connait ! La randonnée est un bon exemple en effet. Sans parler de chute ou de fracture, on peut tout simplement se perdre ou être épuisé. Le plus risqué à mon avis ce sont les petits randonnées d’une journée où l’on part en short (en montagne par exemple) car on pense à une simple balade. Si on est surpris par un événement on a aucun équipement sur soi en général. Or il faut emporter un minimum d’équipement indispensable au cas où.

  • Martin 9 août 2012, 0 12 09 08098

    J’avais lu cet article et le concept de Bug Out Bag est intéressant. Outre l’eau, le principal enjeu est de ne pas mourir de froid. Souvent les gens pensent que s’ils doivent fuir, il leur faut de la nourriture ou se protéger des bêtes sauvages, alors qu’en réalité, le plus important est d’avoir de l’eau (2/4 jours sans mourir vs plusieurs semaines sans manger) et de quoi éviter de mourir de froid, quelque chose qui peut arriver même en été si on est en grande fatigue. Car en été, si le corps chauffe mal et qu’il fait 15°C dehors, on peut malgré tout mourir de froid si on est déjà affaibli. D’où avoir un sac à viande ou un sac réfléchissant…

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