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La liberté de choisir son travail (récit personnel)

Je m’appelle Amandine et j’ai étudié l’économie et la gestion d’entreprise après mon baccalauréat scientifique. Non par choix, mais parce que c’est un parcours général qui me permettait de gagner un peu de temps quant au choix de mon métier. En effet, lorsqu’on sort du lycée les options sont finalement assez restreintes si on suit le raisonnement de nos professeurs : médecine, droit, économie-commerce, ingénierie. Si on ne rentre pas dans ces quatre secteurs d’activité, finalement, c’est qu’on n’a pas d’ambition. Ce raisonnement, je l’ai tenue jusqu’à mon master en Marketing à l’I.A.E de Toulouse.

Le bord de la Garonne, Toulouse

L’intérêt commun que j’ai gardé aujourd’hui est celui des voyages. Grâce à ma bourse d’étude, mon travail à temps partiel, mais également mon parcours d’étudiante, à 24 ans j’avais vécu en Angleterre pour 4 mois, en Grèce pour un an en faisant une année Erasmus, New York pour 6 mois et le Canada pour deux ans. Je pense que mon parcours professionnel balançait entre la volonté de voyager tout en suivant correctement le chemin d’un poste aux grandes responsabilités dans une grosse multinationale afin d’accumuler suffisamment d’argent pour devenir une personne qui a « réussie sa vie ».

Projections sur le Parlement d’Ottawa

Après mon master en Marketing, j’ai intégré Airbus pour un stage d’entreprise. Alors bien sur être stagiaire veut dire s’occuper des taches que ton responsable ne veut pas faire, les choses insignifiantes mais finalement primordiales au bon déroulement de l’activité. Le premier mois fut sympathique, le second un peu moins et au bout du troisième mois je me suis vivement interrogée c’est vraiment je voulais faire carrière à Toulouse chez Airbus. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons mais si je dois citer les trois principales ce serait les horaires de bureaux qui te font rester jusqu’à 19h même si tu as finit ta journée à 16h30, les mentalités fermés qui se crées quand tu es entouré des mêmes personnes toute la journée, et puis l’impression de rien concrétiser dans ma vie. Finalement, mon but premier était de construire mon CV. Rien d’excitant et surtout rien de personnellement constructif.

De par ce stage, j’ai postulé pour un V.I.E (Volontariat International en Entreprise) dans le secteur du marketing au sein du groupe, E.A.D.S. J’ai été sélectionné et je suis partis pour Ottawa, Canada où j’occupais le poste de directrice marketing. Petit bureau, mon statut servait principalement lors des événements de relations publiques. J’avais donc le poste que je m’étais réellement imaginée : mon propre bureau, un gratte-ciel, un bon salaire et les avantages de travailler pour une très grande entreprise. Mais rien, après quelques mes instants de bonheur étaient la pause déjeuner pour parler avec mes collègues Québécoise, mes échanges avec mon supérieur qui n’hésitait jamais à me sacrifier du temps pour m’expliquer les mécanismes de l’entreprise et de ce secteur d’activité et bien sur après le travail et les week end où je partais à la découverte de cet énorme pays ! Le reste du temps je m’ennuyais dans mon bureau. Les premiers mois je ne comprenais pas trop mon mal-être parce que je me disais que j’avais tout ce que j’espérais.

Washington square, New York

Avec le temps et d’autant plus avec la rencontre de mon mari j’y vis plus clair. Trois mois après mon arrivée, je me fais un week end à New York afin de revoir quelques amis. J’y rencontre un Italien qui travaille pour une maison de production à Meatpacking. Deux mois après notre rencontre on est marié et je commence à découvrir non seulement la vie à deux mais également sa vie à lui en tant que vidéographe indépendant. Je l’enviais sur le fait qu’il gérait son temps, son travail sans rendre compte qu’à lui même.

Deux mois avant la fin de mon contrat, mon supérieur me propose un poste à durée indéterminé dans une filiale d’Airbus à Montréal. Mon cœur me dit non, ma tête reste confuse. Il m’a fallu trois autres mois pour comprendre ce que je voulais vraiment mais écoutant mon cœur, nous nous sommes installés à Milan, en Italie, comme nous l’avions prévu avant l’offre. Je voulais me découvrir davantage professionnellement, chercher un métier où mes compétences artistiques et manuelles sont mises en avant, où je sens que je concrétise quelques choses d’important et où le temps me sert à réaliser quelque chose de personnel et non corporate.

Le Duomo, Milan

Quatre mois après, je commençais mon nouveau job en tant qu’éditrice de photographie des semaines de la mode pour une agence à Milan. Je fis deux saisons avant de prendre en main la photographie. A présent, je travaille toujours pour les semaines de la mode mais en tant que photographe et réalise divers services photographiques et éditoriaux autour de la mode.

Je me sens beaucoup plus équilibré que ce soit mentalement ou physiquement. Ce fut un risque de lâcher un poste que de nombreuses personnes auraient accepté sans hésitation pour le revenu annuel, les avantages, et les responsabilités, pour un métier dont je ne connaissais rien. J’en suis ravie. Avec mon mari, nous pensons pour l’année prochaine monter une maison de production ensemble et il me semble évoluer positivement dans mon travail photographique. Et tout cela me donne le sourire et l’épanouissement qui pendant ma vie d’employée pour Airbus n’était que rare.

Le dernier défilé de Prêt-à-Porter de Jean-Paul Gauthier, SS 15, Paris

{ 5 comments… add one }
  • Dominique 11 novembre 2014, 9 09 39 113911

    C’est bien d’avoir trouvé sa voie. Sinon un peu d’effort sur l’orthographe ne ferait pas de mal…

  • Xolali 28 novembre 2014, 16 04 29 112911

    Bonjour Amandine,

    Merci pour ce partage.
    Je pense que tu as pris les bonnes décisions.
    Moi aussi j’ai arrêté mon boulot pour aller quelques mois à Montréal afin de réfléchir à mes objectifs et être plus libre.
    Je suis revenu en France et j’ai l’esprit bien plus clair!

    Profite bien de l’Italie et de Milan en tout cas 🙂

  • Michael from argent-bonheur-liberte.com 30 novembre 2014, 11 11 24 112411

    Bonjour Amandine,
    Bravo pour la prise de risque . En effet beaucoup hésite car leurs situations actuelles certes sécuritaires mais ennuyantes sont le fruit de longs sacrifices. D’autres changent sans cesse de vie mais c’est une fuite car pas le temps de sentir réellement ce qu’une de ces vies leur apporte réellement. Quitter la sécurité cela peut faire peur mais ce qui est bien plus difficile à gérer c’est accepter que tous les « sacrifices » mêmes inconscients que l’on a fait n’ont servi à rien (en tout cas à ce moment là de la décision car ce que l’on a fait dans sa vie sert toujours) : les études, les années à acquérir de l’expérience, les promotions, les petits pouvoirs …Prendre cette décision c’est redevenir vivant en quittant sa zone de confort : c’est dire OUI à la vie. Pour ma part j’ai pris cette décision il y a 3 ans maintenant et je ne regrette rien. Trop de sécurité c’est traverser la vie en la regardant assis dans son fauteuil. Pas assez de sécurité c’est justifier ses difficultés par des causes extérieures. La vie c’est pour moi de trouver l’équilibre entre sécurité, liberté bonheur et joie. Pas aisée tous les jours tel un funambule mais excitant… Trés bonne journée
    Michaël

  • Mr P & Mme P from indépendance financière 31 décembre 2014, 9 09 03 120312

    Franchement bravo pour ne pas t’être menti à toi même et pour t’être lancer dans ce que tu voulais vraiment.
    Peux de gens font ça. On se laisse souvent porté par la situation qui demande le moins d’effort et qui donne le plus de confort à court terme et c’est dommage.
    Bonne chance pour la suite

  • David Sertillange from Blog Investissement 23 mai 2015, 0 12 28 05285

    Retrouver sa liberté en n’ayant pas d’horaires contraintes et en faisant ce que l’on veut quand on veut, est une des choses les plus nobles de l’espèce humaine.

    C’est pour cela que tant d’entrepreneurs sont prêts à tout risquer pour que leur entreprise réussisse : en ce sens, ils défendent une cause similaire à la tienne, Amandine. Félicitations pour avoir pris la décision la moins facile mais la plus enrichissante !

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