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La différence entre le prix et la valeur

Le prix d’un objet n’est que rarement équivalent à sa valeur. La valeur d’un objet est liée aux services et au plaisir qu’il nous apporte, alors que son prix c’est l’étiquette qui se trouve dessus. La valeur dépend de notre propre estimation avant tout : c’est le prix qu’on pourrait lui donner et non le prix affiché.

Ce qui est remarquable, c’est que le prix et la valeur sont souvent très éloignés l’un de l’autre. C’est pourquoi, il vaut mieux raisonner en fonction de la valeur. D’ailleurs la plupart du temps, à moins d’acheter la même chose fréquemment, on n’a aucune idée du prix d’un objet. Bien entendu, le prix n’est pas déterminé au hasard. Il dépend du procédé de construction, de la nouveauté de l’objet, de la marge du fabriquant, etc. Un téléphone portable dernier cri voit son prix chuter de 50% en 1 an et pourtant les services qu’il rend sont bien les mêmes un an plus tard ! A ce sujet, il est préférable d’acheter d’occasion dans de nombreux cas (téléphones portables, vêtements enfants, …) car la valeur reste la même que celle d’un objet neuf si l’objet est en bonne état.

Etiquette de prix

Prenons un exemple tiré de mon expérience personnelle. Je réalise mes coupes de cheveux moi-même à la tondeuse (une coupe militaire à 5mm). Une tondeuse coute 30 euro en moyenne mais me fait économiser 300 euros par an. Son prix est de 30 euros, alors que sa valeur est bien supérieure si on admet qu’elle va fonctionner au moins 3 ans et me faire économiser 1000 euros de coiffeur sur cette période. La valeur d’un objet peut aussi dépendre de l’environnement dans lequel on est plongé : un couteau suisse en montagne ça vaut son prix, alors qu’en ville c’est moins précieux.

Maintenant que l’on a compris que le prix et la valeur sont deux choses différentes, on peut en tirer cette règle simple qui consiste à acheter un objet à un prix bien inférieur à la valeur qu’il va nous procurer. Et ce n’est pas si difficile, il suffit de mesurer l’utilité ou le plaisir que nous apporte chaque objet que l’on veut acheter en tenant compte d’éléments comme fréquence d’utilisation et durabilité, en respectant bien entendu la règle du moins c’est mieux. Il s’agit d’avoir le minimum d’objets de qualité aux coûts les plus bas par rapport à la valeur qu’il procure !

Ce qui marche pour un objet fonctionne aussi pour un service. C’est le cas des formations par exemple qui peuvent permettre d’acquérir des connaissances pour obtenir un meilleur salaire ou un complément de salaire. Bien entendu la valeur de tels services est difficile à mesurer au moment de l’utilisation, d’autant que les services coutent en général plus chers que les objets et leurs valeurs se mesurent sur le long terme.

{ 7 comments… add one }
  • Julien Arcin 18 janvier 2012, 10 10 55 01551

    Ton article est d’autant plus important que le prix est une donnée marketing. Mettre un prix élevé à un produit augmente automatiquement sa valeur perçue. C’est pour ça que certains se positionnent sur le marché du luxe comme Apple. Je connais certains web marketeurs ont vu leurs ventes augmenter en augmentant le prix du produit !

  • NBS 18 janvier 2012, 12 12 48 01481

    Oui, on peut également parler du vin : les gens achètent plus une bouteille par rapport à son prix que par rapport à sa qualité supposée (vu qu’il faut des conaissances poussées pour pouvoir choisir un vin de qualité en faisant abstraction de son prix)

    C’est une bouteille à 20€, elle doit être bonne contrairement à celle à 2,50€ 🙂

  • Rudolf Kiefer 18 janvier 2012, 14 02 47 01471

    Approche intéressante même si souvent il sera difficile de calculer une valeur. J’investis dans un système de sommeil, prix disons 1500 Euro. Cela me permet d’éviter des insomnies. Combien peut valoir une nuit reposante et régénérante ? La question que je me pose alors; combien je suis d’accord ou en mesure de payer pour un tél produit et les effets supposés? Quelques fois, je cherche à mettre ce prix en relation avec d’autres dépenses, une tel système est utilisable disons 5 ans, soit 300 Euro par an, ce qui donne 0.82 Euro par nuit, Une bonne nuit de sommeil vaut-elle ce prix, si un café coûte disons 2.50 Euro?

  • Patrick 18 janvier 2012, 19 07 24 01241

    Il faut distinguer 3 notions : prix de vente, valeur de marché et… coût de fabrication.

    En général, le prix de vente n’est pas très éloigné de la valeur de marché. Sinon, le commerçant ou l’artisan ne vend pas.

    Par contre, le prix de vente est bien souvent très supérieur au coût de fabrication. Et même sans aucun rapport. Pour plusieurs raisons :
    – marge honteuse du distributeur (cf forfaits téléphones portables, sujet d’actualité, marge x10 sur produits importés de Chine…),
    – politique commerciale du fabricant (qui connait le coût de fabrication et essaie de contrôler le prix de marché de son produit)
    – le système social et fiscal du pays qui pèse sur la conso (le prix de l’essence est composé quasi exclusivement de taxes).

    A la base, les choses ne sont pas chères. Mais rendues sur l’étal du marchands, elles deviennent hors de prix. Savoir décomposer la formation du prix permet d’éviter d’être dupe.

    Exemple. Une baguette à 0,85 euro coûte :
    – 0,14 euro de matière première, d’énergie et de salaire net du boulanger;
    – 0,71 euro, soit plus de 80% du prix payé par le comnsommateur, par autre chose que le produit.
    On peut citer : le personnel, le loyer, l’assurance, le téléphone, le remboursement du crédit pour le comptoir tout neuf, la protection sociale obligatoire du boulanger (retraite, couverture maladie, veuvage, etc…), les taxes payées par le boulanger (CFE, CVAE, IS, TVA, chambre de commerce…), l’amortissement du matériel. Soit bien autre chose que la baguette. Personnellement quand j’achète ma baguette, je me fiche pas mal de l’assurance veuvage du boulanger. Mais personne d’autre que moi ne peut la payer à ma place.

    Je vois d’ici la réflexion toute faite : eh bien, fais le toi même, ton pain.

    Ce qui vaut pour le boulanger vaut pour tous les biens et services. Le prix payé reflète très peu le coût de fabrication, principalement à cause du poids du système.

    La TVA sociale renforcera encore un peu plus la part dans le prix qui n’est pas le produit.

  • Gilles from Objectifs Liberté 28 janvier 2012, 16 04 12 01121

    @Julien :

    On rentre dans le domaine du marketing, mais ta remarque montre que les gens ont beaucoup de mal à donner une valeur à certaines choses et se basent tout simplement sur le prix : si c’est cher c’est que c’est bien (quelquefois c’est vrai). En même temps, si tu parles de produits d’information, il est très difficile de leur donner une valeur.

    @NBS :

    C’est la même chose que ce que j’ai dit à Julien sauf que pour une bouteille de vin, si tu es connaisseur tu peux donner un prix. Tu peux demander à gouter. Et dire que je dis ça alors que je bois pas de vin !

    @Rudolph :

    Tu bases la valeur (dans le cas de ton exemple) sur le bénéfice produit, un peu comme mon exemple sur la tondeuse à cheveux. C’est un bon raisonnement.

    @Patrick :

    Tu fais une distinction très pertinente entre prix de vente, valeur de marché et cout de fabrication. Ton commentaire est intéressant et bien construit mais il est basé sur un raisonnement économique pur. Bien entendu avec les taxes, le prix de vente est véritablement très loin du cout de fabrication. Pour ma part quand je parlais de valeur, je parlais de la valeur perçue par l’acheteur qui est encore différente des 3 paramètres que tu cites.

  • Maria 31 janvier 2012, 11 11 22 01221

    Je me sens bien en phase avec ton raisonnement. Je suis par la force des choses économes et j’ai constaté que l’on peut trouver des objets à des prix bien inférieurs à leurs valeurs. Je parle ici d’occasion, de brocantes ou l’on trouve de très bonnes affaires. Les gens vendent car ils ont besoin d’argent vu la situation économique et les salaires qui n’augmentent que très peu par rapport au cout de la vie. Et ce qu’ils vendent à une valeur bien supérieure au prix que l’on paie ! D’ailleurs tu as raison c’est difficile de donner un prix, on se base toujours sur les prix que l’on a vu en magasin et avec l’occasion, ce point de repère disparait.

  • King of GSM 27 avril 2016, 11 11 11 04114

    Effectivement, il en est de même pour les formations.
    J’ai pu en discuter avec plusieurs professionnels et ils ont tous été d’accord pour dire que les formations cherchent à en apprendre le moins pour que ça dure plus longtemps et que donc, les clients payent plus.

    La conclusion est que nous vivons dans un système où le bénéfice passe avant la satisfaction des besoins. Ce qui peut jouer beaucoup de tours.

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