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Décroissance et simplicité

Peut-on dire que simplicité et décroissance sont la même chose ? Selon moi, il est clair qu’il existe des similitudes entre les deux concepts et/ou philosophies. Néanmoins, je pense qu’il faut nuancer…

La décroissance est un mouvement, une lame de fond qui est davantage subie que provoquée. La décroissance est un constat, non une philosophie ou un dogme.

La simplicité est une posture volontaire, plus généralement une philosophie de vie, dont les causes sont multiples mais qui est rarement subie. Nombre de « décroissants » sont en réalité des adeptes de la simplicité, ce qui n’est pas la même chose.

La décroissance sera globale, un phénomène de grande ampleur nécessitant une adaptation de tous et qui sera subie, provoquant peines, difficultés et douleurs pour ceux qui n’auront pas su s’y préparer (ou qui ne pourront pas, malheureusement).

Les gouvernements et les politiques dans leur aveuglement et leur foi dans la sacro sainte croissance, ne semble pas disposer à suivre le mouvement pourtant inéluctable, mais foncent dans le mur, mus par une vision qui s’arrête à la prochaine échéance électorale, dépendant également du bon vouloir d’une aristocratie de puissants qui n’aura de cesse d’accroitre leurs richesses. La société actuelle est une société de possédants basée sur l’ avoir.

La simplicité n’est nullement subie. C’est une démarche philosophique dont l’un des objectifs est de ce débarrasser de l’avoir » pour se concentrer sur l’être, un moyen de diminuer l’emprise de la surconsommation sur soi.

La simplicité est avant tout individuelle, bien que des réseaux puissants puissent exister.  La décroissance, est un mouvement global qui tout en étant un phénomène contraint, est également une démarche mais qui s’est rapidement structurée en mouvements et partis politiques au travers le monde. Et à ce titre elle bénéficie de relais médiatiques considérables comparativement à la simplicité volontaire.

Toutefois, bien qu’étant différentes, simplicité et décroissance peuvent être associées. Pour nombre de ménages, la simplicité peut être vue comme une contrainte, synonyme de vie ascétique, sans saveur. Selon moi, il ne s’agit pas de prendre l’ensemble de la philosophie véhiculée par la simplicité volontaire, mais d’en extraire des briques qui seront autant de moyens de sevrage d’une société qui suscite la surconsommation aussi inutile financièrement (pour soi) que dramatique d’un point de vue environnemental.

Par conséquent, simplicité et décroissance peuvent être associées de manière symbiotique. L’individu à la simplicité, le global à la décroissance.

Addendum :

Cet article de Frédéric sur la décroissance, j’ai senti le besoin de le compléter avec ma vision. Souvent un terme peut recouvrir plusieurs significations. Si je prends la définition de la décroissance sur Wikipédia je trouve : « La décroissance est un ensemble d’idées soutenues par certains mouvements anti-productivistes, anti-consuméristes et écologistes appelés objecteurs de croissance. ». C’est un peu dommage qu’un tel terme soit associé à un mouvement idéologique car personne ne peut se l’approprier ainsi. La décroissance c’est simplement l’inverse de la croissance sans autre connotation, mais c’est ainsi et j’admettrais cette définition dans le reste de l’article.

La décroissance économique sera sans doute inéluctable et les décroissants seront de plus en plus nombreux face au ravage d’un capitalisme sauvage. Les décroissants sont des personnes qui ont choisi de vivre autrement pour des raisons « politiques » et ont donc un forte motivation souvent associée au développement durable : maison écologique, recyclage eau, gestion des déchets, produits bio, limitation des déplacements en voiture.

Pour ma part je ne suis pas un décroissant même si mon comportement peut le faire penser par certains aspects. Je suis un simplicitaire au sens de la simplicité volontaire. Et la encore je sors la définition de la simplicité volontaire sur Wikipédia qui me convient tout à fait : « La simplicité volontaire (ou sobriété heureuse) est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation par la maîtrise des besoins. On parle aussi parfois de frugalité. L’objectif est de mener une vie davantage centrée sur des valeurs « essentielles ». La grande différence c’est que c’est une philosophie de vie et qu’elle n’est associé à aucune idée politique. Elle provient d’un choix personnel certes non guidé par l’intérêt collectif à priori mais qui va dans le sens de l’intérêt collectif.

Je vous prend un exemple : le décroissant n’utilise pas de voiture car il considère (à juste titre) que la voiture est un moyen de locomotion très polluant et utilisera quand c’est possible les transports en commun. Le simplicitaire n’utilise pas de voiture car c’est une contrainte en terme de coût et de temps (réparations, trouver un place ou se garer, on ne peut pas lire dans une voiture). C’est d’ailleurs pour cela que je rejoins Frédéric en disant que la simplicité est un choix de vie, la décroissance est une contrainte (inéluctable).

Malheureusement la décroissance devenant politique, vous verrez qu’elle deviendra une forme de dictature …

{ 2 comments… add one }
  • Florian 3 août 2012, 22 10 30 08308

    Bonjour,
    Je me permets de réagir à votre publication, car je pense que vous causez du tord à l’idée de décroissance. A plusieurs reprises dans votre article, vous présentez la décroissance comme quelque chose de subi. La phrase de clôture associe même la décroissance à une dictature (!).
    Or c’est tout l’inverse ! La décroissance se veut avant tout émancipatrice. Bien loin de l’autoritarisme que vous semblez décrire , la décroissance accorde énormément d’importance à la démocratie. Pour citer un exemple, l’utilisation actuelle des ressources est fortement inégalitaire. Les objecteurs de croissance proposent donc d’établir une concertation démocratique sur l’utilisation de nos ressources, en les considérant comme notre bien commun, plutôt que de laisser les entreprises se partager les parts du gâteau.
    Les objecteurs de croissance n’entendent certainement pas imposer leur point de vue. Il ne s’agit que de faire prendre conscience.

  • Gilles from Objectifs Liberté 5 août 2012, 19 07 35 08358

    @Florian :

    L’article est à lire est la somme des écrits de deux personnes différentes (Frédéric un ami pour le début et moi pour le fin en addendum) mais nous partageons globalement les mêmes idées concernant ce sujet.

    Je ne crois pas causer de tord à la décroissance. J’explique simplement que face à la crise économique la décroissance sera subie par la majorité d’entre nous. Les décroissants par choix ne constituent/constitueront qu’une minorité de personnes car beaucoup d’entre nous sommes trop habitués à un certain confort de vie et à la société de consommation. A terme, moins de ressources, plus de gens donc on va presque tous devenir décroissants. Mais si aujourd’hui vous laissiez le choix aux gens, peu choisiraient la décroissance en terme de philosophie de vie. Déjà simplement avoir des pensées un peu simplicitaires ou minimaliste vous fait passer pour un original alors un décroissant (par choix) passe carrément pour un révolutionnaire même si les mentalités évoluent.

    Je parle en effet de dictature écologique, car les états s’emparent du phénomène écologique et imposent des choix contraints … Je ne parle donc pas de la dictature d’un ensemble de personnes qui veulent nous imposer la décroissance mais des états qui vont se servir d’elle.

    J’ai du respect pour les personnes qui pensent différemment et nous proposent sans nous imposer des choix de vie différents plus proche de l’humain mais force est de constater qu’ils sont bien minoritaires.

    De manière plus général l’égalité n’existe pas et n’existera jamais ni sur le partage des ressources ni sur le reste. Mais ce n’est pas pour cela qu’on ne peut pas rêver d’améliorer le système. Je citerais cet énorme phrase du film Stalingrad :

    « Je me suis totalement trompé, l’homme ne changera jamais, l’homme nouveau n’existe pas. On s’est acharné à créer une société nouvelle où personne n’aurait rien à envier au voisin. Mais il y a toujours quelque chose à envier, un sourire, une amitié, quelque chose que l’on n’a pas et que l’on convoite. Dans notre monde, même s’il était soviétique, il y aura toujours des riches et des pauvres, riches en talent, pauvres en talent, riches en amour, pauvres en amour … »

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