Comprendre la société de consommation

par GillesF

Ce titre peut prêter à sourire, mais nous vivons dans une société de consommation qu'il est important de comprendre (pour ne pas se laisser prendre au piège). La société de consommation, c'est un système dans lequel on est encouragé à dépenser toujours plus, afin que ce même système survive tout simplement ! C'est un modèle de société que la plupart des gens considèrent comme bon, mais que pour ma part je considère comme un peu aliénant. En effet, la société de consommation crée des comportement pervers comme celui qui consiste à confondre sa propre valeur avec celle de ses biens : je suis ce que je vaux en euros, en dollar ou en pesos ! Dans ce système le travail est valorisé, car pour bien consommer, il faut bien gagner sa vie et travailler dur.

Avant l'homme (au sens de l'humain) assurait sa subsistance et la société était basée sur la production (pour atteindre la demande). Aujourd'hui avec l'automatisation, la productivité a explosé et la production a largement dépassé le stade où elle couvre nos besoins. Il faut donc écouler nos "excès" en créant la demande, en la stimulant. Si l'on fait le tour de son logement, il doit bien être possible de trouver des tas d'objets inutiles et inutilisés. C'est un cercle vicieux car on produit plus, donc il faut consommer plus, travailler plus pour dépenser plus, dépenser plus pour stimuler l'emploi, ...

Trop de consommation

Dans ce système, le marketing mis en place par les sociétés pour nous pousser à consommer consiste à valoriser notre consommation : je possède tel objet donc je suis quelqu'un de bien. C'est la force des marques qui se sont imposées jusque dans les écoles ! L'objectif n'est plus de satisfaire nos vrais besoins, mais d'en créer de totalement artificiels pour nous pousser à consommer toujours plus et s'il le faut à crédit bien entendu. C'est pourquoi, il est important de le comprendre pour modifier nos comportements, et ne pas tomber dans le piège de la consommation inutile qui poussent chaque année certains consommateurs peu prudents vers la zone du surendettement avec les conséquences dramatiques que l'on connait. Les salaires stagnants, le seul moyen de relancer la consommation c'est le crédit, l'arme de guerre de la société de consommation.

Pour ma part, je ne conteste pas ce que la société moderne m'apporte, je conteste simplement la quantité d'objets que l'on possède, la valeur que l'on donne à des choses inertes. Je préfère payer pour apprendre et manger (livres et restaurants) que pour accumuler des biens. Donc je consomme des services raisonnablement car ces services m'apportent quelque chose, pas comme un objet que l'on range dans un placard.

Si l'on s’interroge sur ce système, si l'on décrypte la publicité et les discours des politiques, les choses deviennent plus claires : tout est fait pour nous faire consommer. On comprend d'ailleurs pourquoi l'épargne est menacée car un épargnant ne consomme pas, il n'est pas formidable pour le système. C'est sans doute la raison pour laquelle l'épargne placée sera de plus en plus taxée, et si elle n'est pas placée elle sera détruite par l'inflation.

Comprendre la société de consommation, c'est la première étape pour changer ses habitudes et réfléchir à ses vrais besoins. Est ce que cela vaut vraiment le coup d'acheter 20 jouets à ses enfants plutôt que de passer du temps avec eux (si l'on travaille moins) ? Est ce que les objets que je m'achète valent vraiment l'effort que je fournis au travail pour les payer ? Et il y a tant d'autres questions que cela pose, mais c'est à chacun de trouver les réponses à ces questions.

Il est à noter que celui qui cherche à atteindre l'indépendance financière en réduisant ses dépenses principalement (un "petit" rentier) est un ennemi du système tout comme le simplicitaire.

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{ 14 commentaires… les lire ci-dessous ouen ajouter un }

Patrick from Plus bas les prix janvier 4, 2012 à 23 h 27 min

Je pense donc je suis.
Et maintenant :
Je consomme donc je suis.
Et « suis », du verbe suivre !
ça résume un peu où on en est arrivé.
Et puis consommer trop a non seulement des conséquences sur nos vies mais sur les peuples des pays situés plus au sud et qui n’auront souvent jamais l’opportunité de choisir leur mode de consommation, c’est bien pire en fait.
Donc, cela vaut le coup de comprendre notre société de consommation, surtout que c’est un modèle assez simple au final du « toujours plus ».
Une fois que cela est dit, on fait quoi ? En fait, cela engendre un tas de questions. La décroissance est une solution satisfaisante et viable pour un meilleur partage des ressources…

gunday janvier 5, 2012 à 0 h 11 min

Bonne article qui a le mérite de poser les bonnes questions.

J’ai appris un truc : je suis un ennemi du système! :P
Ce qui me fait sourire, vu que les personnes que je connais qui sont contre le système ont tendance à surconsommer!

Par contre ta remarque sur les objets inutiles dans les maisons me fait sourire car elle fait écho au débat interminable avec madame, genre quand elle veux un gadget électrique (le dernier gros débat c’était le presse agrume électrique) que je trouve inutile car on a déjà l’équivalent manuel!
Le débat fini souvent en dispute d’ailleurs (disons qu’étant tout les 2 têtus…)
Et souvent, on règle le problème en acquérant le produit sans le payer. (récup, cadeau noel ou anniversaire, ou simplement détournement d’usage d’un autre objet)

Julien janvier 5, 2012 à 0 h 42 min

Personne n’a l’obligation de s’endetter ou de prendre un crédit contre un achat quelconque.

Si des gens achètent des choses dont ils n’ont pas besoin c’est que quelque part ces personnes le veulent bien.

Chacun est libre de consommer ou pas, d’épargner ou pas.

Personne ne vous forcera à utiliser votre épargne pour consommer. Il existe juste des personnes essayant de faire du profit en échange d’une valeur dont le client se complait. Tout cela est humain.

La vrai question n’est pas la société de consommation, mais d’éduquer les gens à mieux identifiés leur propres besoins.

Mais c’est un peu ce que tu exprime dans ton article je crois ;)

Rudolf Kiefer janvier 5, 2012 à 7 h 24 min

Il est vrai ce modèle de société favorise l’aliénation des êtres humains. Nous avons tendance à laisser le marché, c’est à dire les autres s’occuper de nous. Pour le travail nous choisissons l’emploi, alors c’est l’entreprise qui fixe la manière dont nous devons travailler. Pour la santé, nous choisissons de faire confiance au système de santé qui lui ne s’occupe d’ailleurs pas de santé mais de maladies? Et pour nos loisirs nous nous appuyons sur l’industrie de divertissement. Mais quel sens donnons nous à nos vies? Quels buts poursuivons-nous?

Julien Arcin from Webmaster Toulouse janvier 5, 2012 à 13 h 38 min

J’adore ton article. Il est presque philosophique. Et j’aime beaucoup les réponses des commentateurs :)

Le système fonctionne sur la création de besoins artificiels, oui. Si on veut vendre, il faut actionner certains leviers émotionnels chez les gens pour qu’ils acceptent d’acheter. J’ai des bouquins de marketing qui seraient vraiment choquants pour l’individu moyen.

Après, je tenais à faire une petite remarque. Personnellement, je n’aime pas consommer (à part mon budget livres qui explose chaque mois lol). Je sais que c’est inutile, qu’il y a beaucoup plus important que les objets. Mais je sais aussi que l’immense majorité des gens ne pense pas comme moi. La plupart des gens consomment à outrance, regardent la télé 4h par jour, ne lisent jamais aucun livre (à part Harry Potter) et ça leur va très bien. Qui suis-je, moi, pour leur dire comment ils doivent vivre ?

On peut pas changer le monde. Et de toute façon, il ne changera pas (on parie ?). Mais, individuellement, c’est à chacun d’entre nous de faire nos propres choix.

sehrat janvier 5, 2012 à 18 h 16 min

Je suis complètement d’accord avec toi, je dirais même que l’on est dans une société de sur consommation.

Christian janvier 5, 2012 à 23 h 57 min

C’est un article qui devrait plaire !

@Gilles, c’est vrai le rentier a en plus le temps de bien choisir ses produits, il est généralement très sélectif.
Certains objets peuvent prendre tout leur sens, je privilégie ceux qui apportent une réelle plus-value à mes activités.
Et je me débarrasse de ceux qui sont dans mon placard depuis trop longtemps ce sont généralement ceux qui ont une valeur affective non fondée .
ma technique : pour l’acquisition d’un nouvel objet, j’en jette deux anciens.
Avantages : cela me désencombre l’esprit,et me fait gagner de la place dans mon petit logement.

An Infinite Summer janvier 16, 2012 à 6 h 39 min

Halte à la consommation ! Il est dur de ne pas être tenté de consommer lorsque toutes ses connaissances et amis consomment ! On a toujours envie d’avoir un téléphone plus moderne que son voisin ou d’aller acheter le dernier vêtement à la mode,…

Martin mars 8, 2012 à 14 h 38 min

Un excellent article Gilles. Comme tu le soulignes, les marques sont passées d’une communication axée autour de la fonctionnalité du produit (lave plus blanc que blanc…) à une communication autour d’un lifestyle, la valorisation du moi par rapport aux autres (un niveau plus élevé dans la pyramide de Maslow). On résume cela en la « joie » (BMW), l’American Way of Life (Coca-Cola) ou la fashionista des geeks (iPhone).

Outre les dérives d’endettement qu’un tel comportement peut susciter, il faudrait pousser le raisonnement plus loin en réfléchissant à l’impact écologique que notre modèle de société suscite… Car consommer ne fait pas la vie. De nombreux plaisirs n’ont aucun impact sur le PIB mais sont bien plus agréable. Je préfère faire une marche dans la montagne à regarder un série quelconque à la télévision par exemple.

A bientôt :)

Gilles from Objectifs Liberté mars 12, 2012 à 23 h 51 min

@Patrick :

Consommer c’est en effet suivre. La société de consommation nous incite à consommer par tous les moyens et on sait bien qu’imiter les autres est un comportement habituel (exemple des fumeurs …).

La société de consommation veut faire consommer tout le monde (riche pauvre, noir blanc jaune, sur tous les continents). Assez curieusement nos modes de consommation ont permis le développement de pays comme la Chine qui produit du low cost (qui était un pays sous développé il y a 40 ans et qui va devenir sans doute la plus grand puissance économique du monde).

@Gunday :

Économiquement, oui tu es un ennemi du système si tu ne consommes pas assez assez et que tu mets tes petits sous de coté au lieu de les dépenser (t’inquiètes pas l’état va les récupérer dans les années qui viennent en augmentant les taxes).

Le presse agrume est un bon exemple. C’est vrai que la version manuelle est suffisante à moins que tu es 6 enfants qui boivent tous un jus d’orange le matin. En plus faire son jus d’orange manuellement c’est toujours un peu d’exercice gratuit !

@Julien :

On n’a pas tant le choix que ça quand on est dans un environnement qui nous influence grandement.Je croyais avant en notre intelligence et en notre libre arbitre, mais la vie m’a appris que c’est plus compliqué que cela. Nous sommes tous influencés. Quand à nous éduquer qui le fera ? Le système actuel est basé sur la consommation donc on va pas nous éduquer à consommer moins.

Les gens aujourd’hui consomment un peu moins pour des raisons économiques (appauvrissement) et non philosophiques. On n’achète pas un objet parce que l’on a pas les moyens et non parce qu’il est peu utile.

@Julien Arcin :

Oui tu as bien compris, c’est un article philosophique. Et on ne peut imposer notre philosophie à d’autres personnes. Mais on peut leur ouvrir les yeux pour qu’ils décident en toute connaissance de cause : comprendre la société de consommation pour décider si on veut en être ou pas !

Le marketing c’est assez terrible en effet. C’est bien pour cela qu’un des objectifs à la création de ce blog c’était d’étudier le marketing en général pour mieux comprendre comment on nous manipule.

Si, je pense qu’on peut changer le monde quelquefois par de simples actions individuelles (la théorie du battement d’aile du papillon) qui paraissent dérisoires.

@Rudolf :

Tu as raison, on est en moyenne assez passif et on laisse la société décidé à notre place de ce qui est bon pour notre travail, nos loisirs et notre santé. De manière général, je trouve que la plupart des gens ne s’intéresse que peu au monde qui les entoure (enfin je veux dire qu’il ne cherche pas vraiment à le comprendre).

@Christian :

Oui un logement plus petit comme le tien implique de l’organisation, du tri et de la sélectivité. D’ailleurs quand on possède un petit logement cela nous incite à réduire notre consommation car on est obligé de se poser la question : « Mais ou est ce que je vais mettre ça ? »

@Martin :

En effet Martin, les marques pour inciter à consommer valorise celui qui consomme, c’est une excellente méthode. Je possède ceci donc je suis quelqu’un de valeur. C’est astucieux.

Quelquefois les plaisirs simples sont aussi les meilleurs.

Etienne from Développement physique avril 22, 2012 à 16 h 13 min

Gilles,

Je suis d’accord avec le tableau que dépeints. Pour moi, les deux seules choses dont nous ayons réellement besoin sont la santé et un esprit sain. Ensuite, il faut s’interogger sur la façon dont nous construisons et conservons ces deux items.
Le problème commence réellement lorsque la société de consomation modifie tellement nos habitudes de vie qu’elle en devient nuisible pour notre santé et pour notre équilibre mental (je pense aux fast food a répétition et au travail sans limite par exemple).
Je vous invite donc à rester prudent et critique sur vos modes de consommation et enfin à développer votre physique autant que possible pour vous armer contre cette société.

Bon courage à tous,

Etienne

action PPR avril 25, 2012 à 16 h 11 min

Votre article me fait penser à mon cours de marketing et plus particulièrement sur la thématique du « Le marketing ne crée pas de faux besoins mais des désirs ».
On pourrait discuter ce ça toute la journée mais je trouve cette matière très perverse et je vous rejoins sur le

« C’est un cercle vicieux car on produit plus, donc il faut consommer plus, travailler plus pour dépenser plus, dépenser plus pour stimuler l’emploi, …  »
Les ressources sont limités donc a quoi bon toujours produire plus pour consommer plus ? Il faudra comprendre que la croissance n’est pas forcément bien car tout le monde ne peut croître.

Je vous rejoints aussi sur la monétarisation de notre vie car c’est de cela qu’il s’agit. En effet, certaines personnes ne vivent que par la valeur de leur compte en banque, l’aspect humain est de moins en moins pris et moi même étudiant en finance je me pose des questions sur ce que je fais et quel sera mon avenir ?

Merci pour cette réflexion

Gilles from Objectifs Liberté août 15, 2012 à 11 h 30 min

@Etienne :

C’est du bon sens, la société de consommation nous éloigne de l’essentiel. Et l’essentiel en effet c’est le corps et l’esprit, pas le nombre de bibelots que l’on accumule. La vie actuelle dans nos pays nous empêche de réfléchir. Il faut faire « pause » et se demander si tout cela a une sens. J’en parlerais dans un futur article mais en fait ce qui rend les gens heureux ce sont les relations qu’ils entretiennent avec les autres (cela rejoint l’état d’esprit) et non leurs possessions.

Mais il ne faut pas se leurrer, le système nous influence et dicte nos besoins. Il faut énormément de volonté pour sortir de cette société de consommation et trouver des gens dans le même état d’esprit.

@Actions PPR (c’est ton nom ?) :

La société de consommation est un mauvais modèle pour nous car nous sommes sur une planète aux ressources limités, donc la croissance ne peut pas être infini. Ce modèle s’effondrera (violemment ?) un jour ou l’autre et sans doute bientôt. Comme tu le soulignes c’est un cercle vicieux : je travaille plus, je gagne plus, j’ai des nouveaux besoins (enfin la société me le fait croire) et ainsi de suite jusqu’à épuisement.

Guy février 1, 2014 à 20 h 16 min

Le système de consommation, dans la démocratie libérale, s’articule sur l’exploitation de l’émotion (pathos) – peurs, indignation, colère, clivage, réactif etc .. – par le biais de l’actualité sans cesse renouvelée et du désir . Créer du désir, supplanter le besoin .
L’actualité frénétiquement renouvelée entretient l’émotion au détriment de la prise de distance, du recul, du raisonnement ( logos ), de la réflexion, de la compréhension .

Ce sont donc les émotions dominatrices ou ego dominateur qui aliène l’être et le soumet à la propagande consumériste .

Quelques liens et vous comprendrez mieux … :
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/histoire-des-relations-publiques-144260

http://www.radiovl.fr/la-tyrannie-de-lemotion/

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