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Cinq bonnes raisons de dépenser 2 euros au bistrot pour votre café

Sur la plupart des sites de finances personnelles, on trouve l’exemple incontournable du café : « Plutôt que d’aller au bistrot prendre un café en salle, placez vos 2 euros et dans 20 ans au taux de 4% vous aurez une petite fortune … ». Ceci peut parfaitement s’inscrire dans le cadre d’une approche sévère de contrôle des dépenses, qui a du sens pour des ménages aux budgets très serrés ou dans une approche de simplicité extrême. Pour ma part, je vais prendre le contrepied de cet exemple bateau, significatif d’un certain manque d’imagination ou d’un aveu d’impuissance. En effet, la réduction des dépenses à ses limites, alors que l’augmentation de ses revenus n’en a pas. Comme pour les entreprises, il y a celles qui font de la réduction de coût à  outrance et celles qui croissent naturellement. Je vous laisse imaginer celles qui s’en sorte le mieux.

Mais revenons à notre petit café que certains ont  décidé de ne pas prendre dans un bistrot pour le mettre dans leur petit cochon rose qui devrait être plein à craquer dans 20 ans. Je ne partage pas leur point de vue, vous m’avez compris. Car il y 5 bonnes raisons de prendre votre café à deux euros au bistrot :

  • C’est pas cher !
    • Les gens considèrent qu’un petit café au bistrot c’est très cher, mais c’est parce qu’ils n’ont pas compris que l’on achète pas un café mais qu’on loue une partie de la salle. Si vous vous installez avec un ordinateur pendant deux heures pour 2 euros, vous louez une table à 1 euro de l’heure. Si vous discutez avec un bon ami pendant une heure, vous louez votre espace 2 euros de l’heure. Ce qui est fou par contre, c’est de rentrer 2 minutes pour prendre un café au bar et de partir.
  • Économiser un café ne vous rendra pas riche.
    • Si la réduction des dépenses est assurément un moyen de construire un capital, il vaut mieux privilégier la croissance de ses revenus et le crédit pour s’enrichir. Rogner pour faire de petites économies en plus de nous frustrer nous empêche de voir plus grand.

Tasse de café noir

  • Se changer les idées.
    • Notre quotidien est très stressant avec les temps transports de plus en plus longs jusqu’à notre lieu de travail, nos obligation familiales, la vie compliquée de nos sociétés occidentales faites de contraintes et de devoirs le plus souvent oppressants. Relâcher la pression et ne rien faire dans un cadre différent de celui de sa maison et de son travail permet de se changer les idées. Surtout que les bistrots ont quelquefois une âme. J’en connais des très dépaysants sur Paris où je peux rester longtemps attablé à lasser mon esprit vagabonder.
  • Échanger des idées avec des amis/relations.
    • C’est quand même le lieu idéal pour discuter entre amis et/collègues sans pression (sauf dans ceux où ils confondent bistrot et boite de nuit au niveau de la sono). Il n’est pas forcement facile d’inviter du monde chez nous surtout si l’appartement est petit et/ou que nos domiciles respectifs sont éloignés.
  • Créer du lien social.
    • Il arrive dans les cafés de discuter avec des gens attablés au bar. Je ne dis pas que ce sont des discussions forcement profondes, mais cela fait prendre conscience de la diversité des personnes et permet de s’habituer à parler à des inconnus et à créer une forme de liens sociales.

Vous  m’avez compris : derrière le prix brut d’un produit, il peut se cacher autre chose. Une dépense peut avoir un autre sens que celui qu’elle parait avoir. Au bistrot je n’achète pas un café mais de l’espace et de la convivialité. De plus et c’est le deuxième message, la réduction des dépenses à ses limites. Quelquefois la vie nous oblige à dépenser vraiment moins, mais la création de richesse basé sur un contrôle ultra-strict des dépenses ne convient finalement qu’à peu de personnes. Comprenez moi bien, la réduction des besoins dont je parle dans mes articles entrainent une réduction des dépenses, mais je n’encourage pas à la suppression de toutes les dépenses !

J’aurais pu rajouter une sixième raison de sortir la pièce ou le billet qui est ne pas devenir radin quand on le peut. Parce que lorsqu’on devient pingre, on risque de devenir un économe compulsif et d’oublier qu’il est plus facile de s’enrichir en gagnant plus et en investissant intelligemment qu’en vivant au seuil minimum de pauvreté.

{ 11 comments… add one }
  • NBS 3 avril 2012, 11 11 18 04184

    Très bon article!

    Je te rejoins totalement concernant le juste équilibre entre réduction des dépenses et augmentation des revenus, c’est la deuxième qui crée la richesse la 1ere est utile mais il ne faut pas en abuser.

  • gunday 3 avril 2012, 11 11 52 04524

    Je pense que les 2 arguments se défendent, car l’un et l’autre il ne s’agit pas du café en lui-même, mais d’un exemple.
    Le café est souvent présenté comme un perspective d’économie, car c’est un besoin non vital.
    Et l’addition des 2€/jours pendant 20 ans permet de faire comprendre à nombre de personne l’impact d’une économie simple sur une grande durée.
    Cette économie est pour moi plus à utiliser dans un but explicatif de la simplicité de l’épargne plutôt que dans un but réel d’épargne.

    Mais au final, si on veux avoir une rente permettant de payer un café quotidien, à 2€/jour avec 20jours/mois, ça nous donne un coût annuel de 480€, soit en arrondissant un capital de 10.000€ avec un rendement de 5%.

    Par contre, clairement, si comme dans ton cas, c’est un petit plaisir, il n’y a aucun intérêt.
    Mais pour les personnes pour qui cela est un automatisme, c’est clairement une dépense à revoir (au niveau financier ou social).

    En gros, cela dépend beaucoup de la façon dont la dépense est effectué et du but de celle-ci (si il s’agit juste de boire un café, la bar n’a pas d’intérêt, si il s’agit d’un moment convivial, le bar devient intéressant)

  • Cécile 4 avril 2012, 1 01 12 04124

    Je suis assez d’accord sur le lien social, se changer les idées etc. Donc si c’est ça, oui, pourquoi ne pas le faire de temps en temps (surtout si le budget le permet).

    Par contre, aux Etats-Unis je vois pas mal de gens aller chercher un café, dans un endroit genre Starbucks, donc plus que 2 euros, et qui ensuite vont le boire devant leur écran d’ordi au boulot. Dans ce cas, je pense qu’il faut mieux faire son café soi-même.
    Comme vous le dites bien, en allant dans un café, on loue la salle, l’atmosphère, etc.

  • Fabien@Argent-Pour-La-Vie.com 4 avril 2012, 10 10 47 04474

    Bonjour,

    le café est un produit de consommation courant d’où l’exemple classique de l’économie sur un café. Je suis d’accord avec toi quand tu nous expliques que prendre un café à 2€ ne se résume pas à payer pour un café. Qui plus est (même si cela a diminué), en France, le Café / Bistrot est aussi un lieu de lien social…un vieux FaceBook à la française 😉
    Bien entendu, il ne faut pas prendre l’exemple du café au premier degré car le message reste de bien de savoir distinguer l’indispensable et ce qui ne l’est pas, donc ce sur quoi une économie est réalisable. Entendons nous bien, quand je dis « indispensable », je sous-entend que cela est propre à chacun. Pour certains prendre un café est une chose indispensable et si il y a une économie à faire ce sera sur autre chose.

  • Christian 4 avril 2012, 21 09 02 04024

    Combien de contrats, de devis,de négociations ont été conclues autour d’une tasse de café dans un bistrot, certaines d’entre elles n’auraient peut-être jamais vu le jour autrement.

    Déguster un café dans un bistrot, cela a une autre dimension que chez soi, les gens sont sur un même plan d’égalité, et c’est justement ce qui permet de conclure de meilleures affaires .

  • Gilles from Objectifs Liberté 8 avril 2012, 19 07 13 04134

    @NBS :

    Tu as bien compris les messages derrière cet article : essayer plutôt d’augmenter ses revenus et ne pas se rendre la vie impossible en contrôlant toutes ses petites dépenses qui participent au plaisir (quand on a le choix).

    @Gunday :

    C’est sur que l’exemple du café a quand même un sens pour expliquer comment la somme de petites économies sur durée longue peut créer du patrimoine mais sur durée longue. Il existe des gens qui ont vécu modestement toute leur vie et qui ont créé un patrimoine certain (dont ils n’ont pas profité). Mais il faut vraiment aimer … Je contrôle mes dépenses mais raisonnablement.

    Tu soulignes un point que j’ai déjà évoqué concernant les dépenses c’est le niveau d’utilité ou de plaisir engendré. Il faut lutter contre les automatismes et se poser la question : est ce que je ne paie pas pour rien ?

    @Cécile :

    Tu as raison, pour le lien social ça va, si c’est juste pour boire un café très cher que tu peux préparer toi-même alors ça n’a pas de sens (pour reprendre ton exemple du Starbuck). D’ailleurs la réussite de Starbuck m’hallucine soit dit en passant : vendre un produit commun comme du café et monter un empire, ça fait réfléchir !

    @Christian :

    Oui en effet, le bistrot est aussi un lieu pour faire des affaires, je n’avais pas évoqué ce point. A noter aussi que l’on voit souvent des gens travaillés sur leurs portables dans les bistrots, cela devient donc un vrai bureau même si de mon point de vue c’est un peu trop bruyant pour rester concentré. Il y a aussi de nombreuses personnes qui peuvent un peu briser leurs solitudes.

  • jeanne 9 avril 2012, 12 12 33 04334

    Je n’ai jamais encore négocié quoi que ce soit avec un ministre au café du coin.

    Il m’est arrivé de passer une demi heure par jour au café, et de ne plus le faire aujourd’hui, car une demi heure multiplié par 360 jours, cela équivaut à une 6e semaine de congés payés, pendant laquelle je peux faire de la musique, de la lecture, du sport, m’occuper de mes enfants, etc etc.

    Les cafés sont rarement des pépinières de gens qualitatifs, en général ces gens là, je vais les chercher ailleurs.

    Alors oui, malgré le consensus sur la question j’ose le dire, le café est cher, mais ça c’est le problème du commerçant Français qui a toujours tout compris et est toujours aussi doué en commerce …

  • philbich 10 avril 2012, 14 02 38 04384

    Prenez votre café à l’italienne c-a-d avec un verre d’eau à côté et ainsi vous optimiserez encore mieux le coût de la boisson chaude préférée des français (à 1,5€ dans certaines régions ^^).

    C’est effectivement pas cher pour se poser un moment au chaud et au sec, sortir son smartphone ou sa tablette, gérer ses mails ses comptes ses achats ou faire un point sur ses dossiers et passer aux commodités avant de repartir de plus belle après cette pause qui peut être conviviale.

  • Tommy@solution de partage de fichiers 11 avril 2012, 20 08 57 04574

    Travaillant en independant, je frequente tres souvent les cafes – pour moi, il me semble fou de vouloir economiser 2 euros pour ne pas aller au cafe.

    En plus de tous les points que Gilles a evoque, je voudrais aussi ajouter qu’il m’est arrive de faire des rencontres (personnelles et professionnelles) dans un cafe – et je dirais meme que ce n’est pas rare si vous parlez a la personne d’a cote. Souvent je partage beaucoup de points communs avec les personnes que je rencontre – ce sont souvent des personnes a leur compte et qui ont des choses interessantes a raconter!

    Donc, vraiment, le cafe c’est bien et ca merite largement de payer 2 euros!

  • Julien 25 avril 2012, 12 12 38 04384

    Bonjour Gilles,

    J’aime beaucoup cet article, car il est vrai qu’on tend souvent à négliger les fondamentaux au profit du superficiel. Je pense que le café ne rentre pas dans le cadre du contrôle des dépenses, mais dans le cadre des marges que l’on s’accorde car contrôler un budget à 2€ près, c’est un peu se pourrir la vie alors qu’il y a beaucoup d’autres pistes de travail. L’essentiel dans un budget est de se donner de grandes lignes directrices et de pouvoir s’accorder des extras. Et puis, comme tu le soulignes, la plus value du café n’est pas la même lorsqu’il est pris dans un lieu sympa que chez soi.

  • Martin 16 octobre 2015, 15 03 41 104110

    Excellent article Gilles. A titre personnel, je vois un élève à qui je donne du soutien en math à Starbucks et ai également négocié un contrat avec une start-up dans le bistrot situé juste à côté. Il n’y a pas à dire, mais un cadre informel permet souvent d’obtenir de meilleurs résultats qu’un cadre trop formel (pas qu’en affaires, en amour aussi ^^)

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